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Kinshasa paralysée : l’opposition impose une mobilisation massive contre la révision constitutionnelle

Ce mercredi matin, la capitale congolaise a connu une ambiance inhabituellement calme. Les rues de Kinshasa, habituellement animées dès les premières heures, affichaient un visage presque désertique. Cette situation exceptionnelle est le résultat direct de l’appel lancé par l’opposition politique à une journée de grève générale, surnommée « ville morte ».

L’objectif ? Faire barrage au projet de révision constitutionnelle porté par le pouvoir en place, perçu comme une manœuvre visant à prolonger indéfiniment le mandat du président Félix Tshisekedi. Une mobilisation qui a pris une ampleur inattendue dans plusieurs quartiers de la ville.

une atmosphère de tension et de surveillance renforcée

Dès l’aube, les forces de l’ordre ont quadrillé les artères stratégiques de la ville. Des patrouilles militaires et policières ont été déployées en nombre, notamment autour de l’Université de Kinshasa, un lieu symbolique de contestation. Les étudiants, absents des trottoirs, ont préféré rester chez eux, reflétant ainsi l’adhésion massive à l’appel à la grève.

Dans le district de Mont-Amba, la route Intendance, habituellement engorgée par le passage d’étudiants, était déserte. Seuls quelques véhicules militaires et jeeps de police circulaient, renforçant une atmosphère déjà tendue. Les stations-service, comme celle de la Salongo, hésitaient à ouvrir leurs portes, craignant d’éventuels incidents.

des quartiers sous haute tension

À Limete, commune réputée pour son trafic intense, la situation était tout aussi calme. Les boulevards Lumumba et Poids lourds, normalement bondés, ne présentaient presque aucun signe de vie. Les transports en commun étaient quasi inexistants, et les rares bus en circulation évitaient soigneusement les axes secondaires. Les habitants, interrogés sur place, confirmaient cette atmosphère de prudence extrême.

« Plusieurs propriétaires de véhicules ont préféré ne pas sortir leurs engins ce matin, par crainte de troubles », a témoigné un riverain du district de Tshangu. Les forces de l’ordre, très visibles, occupaient les carrefours et les zones stratégiques, tandis que des agents étaient positionnés en nombre à des endroits névralgiques de la commune.

une mobilisation qui dépasse les attentes

L’appel de l’opposition a donc trouvé un écho sans précédent parmi la population. Les commerces, les écoles et les services publics ont majoritairement fermé leurs portes, tandis que les habituels embouteillages matinals faisaient place à un silence inhabituel. Une situation qui illustre la détermination des Congolais à exprimer leur rejet catégorique du projet de révision constitutionnelle.

Les observateurs sur place s’accordent à dire que cette journée de mobilisation pourrait marquer un tournant dans le paysage politique congolais. Une chose est sûre : la capitale, d’ordinaire si vibrante, a vécu au rythme d’une contestation silencieuse mais puissante.