Dans la région du Sahel, les activistes et défenseurs des libertés fondamentales font face à une pression sans précédent. Alors que l’espace civique se réduit de jour en jour, les autorités étatiques multiplient les entraves aux libertés publiques, mettant en péril les fondements démocratiques de la zone.
L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains, fruit de la collaboration entre la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), a dévoilé un rapport accablant. Ce document analyse les dynamiques répressives à l’œuvre au Mali, au Burkina Faso, au Niger et au Tchad, en s’appuyant sur l’étude rigoureuse de plus de 60 cas concrets de violations flagrantes.
Une stratégie de silence imposée par les régimes de transition
Ces dernières années, le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad ont traversé des crises politiques majeures, marquées par l’arrivée de militaires au pouvoir. Ces périodes dites de « transition » ont engendré un durcissement manifeste contre toute forme de contestation et une fermeture brutale du débat public.
Le rapport intitulé « Espace civique et défenseur·es des droits humains au Sahel : convergence régionale des pratiques de répression » détaille l’arsenal utilisé par ces régimes pour étouffer les voix dissidentes :
- Détentions et arrestations arbitraires systématiques.
- Harcèlement judiciaire et pressions administratives permanentes.
- Enlèvements, séquestrations, disparitions forcées et actes de torture.
- Menaces numériques et campagnes de dénigrement en ligne.
Un appel urgent à restaurer l’état de droit au Sahel
Selon Drissa Traore, Secrétaire général de la FIDH, les autorités de ces quatre nations s’enfoncent dans une spirale inquiétante. Il souligne l’urgence de rétablir l’état de droit et la démocratie, des principes essentiels auxquels les populations du Sahel restent profondément attachées. La solidarité internationale envers ceux qui luttent pour les droits humains est aujourd’hui une nécessité absolue.
Au-delà des attaques individuelles, c’est l’ensemble des libertés collectives qui est visé. Les rassemblements pacifiques sont interdits, des associations sont dissoutes de force et les médias subissent un contrôle étroit, voire des suspensions. Ces agissements entrent en contradiction directe avec les traités internationaux ratifiés par le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad.
Gerald Staberock, Secrétaire général de l’OMCT, exhorte les gouvernements concernés à se conformer à leurs engagements. Il appelle également les Nations unies, la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples ainsi que les partenaires internationaux à agir pour mettre fin à ces violations systémiques des droits fondamentaux.



