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États-Unis : une raffinerie d’or rwandaise frappée par des sanctions

Un individu tient une pépite d'or dans sa paume

Washington a annoncé des sanctions contre une importante raffinerie d’or située au Rwanda, accusée de faire passer en contrebande des minéraux provenant des zones de l’est de la République démocratique du Congo contrôlées par la rébellion du M23.

Selon le département du Trésor américain, ce « réseau » impliquerait des responsables gouvernementaux et des militaires rwandais, en lien avec le groupe armé M23 qui exploite les gisements d’or et de coltan de la région.

Depuis des années, Kigali dément tout appui au M23, malgré les rapports accablants d’experts onusiens.

Les mesures américaines visent notamment la raffinerie Gasabo Gold, son président Jean Malic Kalima et son directeur général Bosco Kayobotsi. Trois sociétés minières appartenant à Kalima – Bugambira Mines, Wolfram Mining and Processing et Rwinkwavu Mining Corporation – sont également dans le collimateur.

Dans un communiqué, les États-Unis affirment qu’au moins 60 kilogrammes d’or, d’une valeur de plusieurs millions de dollars, ont été acheminés illégalement depuis l’est congolais vers Gasabo Gold au début de l’année 2026. Les autorités américaines dénoncent un système supervisé par des soldats et des fonctionnaires rwandais.

L’Union européenne avait déjà sanctionné la même raffinerie l’an dernier pour avoir « tiré profit du conflit armé » en RDC.

Ces sanctions entraînent le gel des actifs détenus sous juridiction américaine et interdisent à toute personne ou entreprise américaine de commercer avec les entités désignées.

Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a déclaré : « Les États-Unis ne permettront pas à des groupes hors-la-loi de profiter du commerce illicite de minéraux et de déstabiliser la région. Les richesses minérales de la RDC appartiennent légitimement au peuple congolais. »

Cette décision s’inscrit dans le cadre d’un accord de paix parrainé par les États-Unis, signé en décembre entre les présidents rwandais et congolais. L’objectif est de mettre fin au conflit qui perdure dans l’est de la RDC et de promouvoir un secteur minier transparent.

Certains analystes estiment que l’administration Trump espère aussi favoriser les investissements américains dans les minerais de la région.

Malgré l’accord, les combats se poursuivent dans l’est congolais. Lors d’un sommet mercredi, des responsables de la RDC, du Rwanda et des États-Unis ont exprimé leur « grave inquiétude face à l’escalade des violences », selon un communiqué commun.