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Tragédie sur le lac Tchad : frappe militaire fait 40 morts parmi les pêcheurs nigérians

Des frappes aériennes ciblant des positions présumées de Boko Haram sur le lac Tchad ont entraîné la disparition d’une quarantaine de pêcheurs nigérians, selon des témoignages recueillis dimanche. Les opérations, menées par l’armée tchadienne, visaient des îles stratégiques du lac, frontalières entre le Nigeria, le Niger et le Tchad.

vue aérienne du lac Tchad où des frappes militaires ont eu lieu

Des opérations militaires contre des bastions jihadistes

Depuis vendredi, l’armée tchadienne déploie des avions de combat pour bombarder des zones sous contrôle de Boko Haram. Ces frappes font suite à une attaque récente menée par le groupe terroriste contre les forces tchadiennes. Parmi les cibles figuraient l’île de Shuwa, connue pour être un repaire des jihadistes et un point de pêche majeur pour les populations locales, notamment nigérianes.

Des pêcheurs pris au piège dans une zone sous influence jihadiste

Un responsable du syndicat des pêcheurs du lac Tchad a confirmé la disparition d’au moins 40 pêcheurs nigérians, probablement décédés noyés lors des bombardements. Adamu Haladu, un pêcheur basé à Baga dans le nord-est du Nigeria, a partagé son témoignage : « Beaucoup de personnes ont péri dans cette tragédie ». Selon lui, la majorité des victimes provenaient de Doron Baga et de l’État de Taraba. Les pêcheurs avaient obtenu l’autorisation d’accéder à ces zones poissonneuses en échange du paiement d’une taxe imposée par Boko Haram.

L’insécurité persistante dans la région

Le lac Tchad, partagé entre le Nigeria, le Niger, le Tchad et le Cameroun, est depuis plus de quinze ans un foyer d’activité pour les groupes armés Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). Pour contrer cette menace, une force multinationale avait été créée en 2015. Cependant, la coopération entre les pays riverains s’est détériorée ces dernières années, notamment après le retrait du Niger en 2025. Aucune réponse officielle n’a encore été formulée par l’armée tchadienne concernant ces événements.