L’armée de la RDC durcit les règles face aux risques liés aux smartphones au front
Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) viennent de renforcer leur directive concernant l’utilisation des smartphones en zone opérationnelle. Un rappel à l’ordre publié ce jeudi met en garde contre les dangers liés à l’usage non autorisé des téléphones portables, jugé susceptible de compromettre la sécurité des soldats et l’efficacité des missions.
Une menace directe pour la sécurité des troupes
Selon le porte-parole par intérim des FARDC, le lieutenant-colonel Mak Hazukay, un smartphone allumé ou utilisé de manière inappropriée peut devenir une véritable faille de sécurité. La localisation des positions militaires, les mouvements de troupes ou encore les détails des opérations risquent d’être exposés, facilitant ainsi les attaques de l’ennemi. Cette interdiction s’applique strictement à tous les militaires déployés sur le terrain.
Des consignes strictes à respecter sans exception
Le commandement exige des soldats de ne pas partager, via les réseaux sociaux ou par messagerie, des informations sensibles telles que :
- leur position géographique exacte ;
- leurs déplacements ou itinéraires ;
- les effectifs engagés ou les missions en cours ;
- des images ou vidéos des zones de combat.
Tout militaire surpris en infraction s’expose à des sanctions disciplinaires immédiates. Les FARDC appellent également à signaler toute utilisation suspecte ou toute tentative de fuite d’informations pouvant menacer la sécurité des opérations.
Contexte : des vidéos controversées et des tensions persistantes
Ce rappel intervient dans un contexte marqué par la diffusion récente de vidéos montrant des soldats congolais se plaindre de leurs conditions sur le front des hauts plateaux de Fizi et Mwenga, au Sud-Kivu. Ces images, largement relayées sur les réseaux sociaux, exposent les tensions internes au sein des unités engagées contre les rebelles de l’AFC/M23. Depuis plusieurs mois, l’armée tente de contenir ce phénomène qui affaiblit la cohésion et la crédibilité des FARDC.
Cette interdiction n’est pas une nouveauté. Lors des affrontements passés près de Goma, des cas similaires avaient déjà été signalés. Les autorités militaires avaient alors multiplié les mises en garde pour éviter de fragiliser la lutte contre la rébellion. Aujourd’hui, le message est clair : la discrétion et la discipline doivent primer sur toute communication non contrôlée.
Les FARDC rappellent que la vigilance de chaque soldat est essentielle : un seul appareil mal utilisé peut mettre en péril une unité entière. Elles insistent sur l’importance de rester concentré sur les missions et de respecter scrupuleusement les protocoles de sécurité en vigueur.



