Il existe une conviction profonde que la sécurité et la stabilité du continent africain sont indissociables de celles du Maroc.
Cette vision dépasse le cadre de la sécurité classique pour adopter une stratégie globale mêlant renforcement institutionnel et coopération en matière de renseignement de qualité, consacrant le rôle de Rabat comme une force régionale efficace, capable de combler les lacunes sécuritaires par lesquelles s’infiltrent les menaces transfrontalières.
Défis géopolitiques et menace des guerres asymétriques
Parallèlement à ce rôle de premier plan, les guerres asymétriques imposent une réalité de terrain complexe qui exige une vigilance permanente. Les organisations extrémistes exploitent les divergences politiques et la fragilité des frontières dans la région du Sahel et du Sahara pour financer leurs activités et recruter.
La coordination entre agences de lutte antiterroriste est cruciale ; l’unité des visions africaines devient une nécessité pour contrer cette alliance dangereuse entre groupes armés et réseaux criminels. Cette nécessité s’accentue face à l’expansion des menaces dans l’espace numérique et à l’utilisation de technologies avancées pour saper la paix régionale.
Les défis géopolitiques actuels appellent une interprétation fine qui dépasse les descriptions superficielles, car les risques qui pèsent sur certains pays du continent exigent une réponse marocaine ancrée dans l’histoire, la géographie et la dynamique politique. Grâce à cette orientation, le Maroc contribue à renforcer les États africains par des voies de développement et de sécurité face aux tentatives d’infiltration, proposant un modèle stratégique alliant développement durable et surveillance sécuritaire.
Le modèle stratégique marocain : une doctrine souveraine et intégrale
La force stratégique de l’approche marocaine réside dans sa capacité à intégrer les dimensions sécuritaire, scientifique, spirituelle et de développement pour démanteler la structure des menaces avant leur propagation sur le terrain. Cela fait de la Plateforme de Marrakech un laboratoire stratégique pour élaborer une doctrine de sécurité africaine indépendante.
Rabat rejette les solutions de sécurité importées qui ont montré leur inefficacité sur les terrains complexes du continent, promouvant plutôt un modèle continental fondé sur l’intégration entre renseignement de terrain, renforcement spirituel et développement humain global. L’engagement du Maroc dans ces efforts découle d’une conviction ferme que l’Afrique est un continent auquel le pays appartient géographiquement, identitairement, politiquement et historiquement.
Dynamisme diplomatique et institutionnel
Dans ce contexte dynamique, cette action diplomatique émane des hautes directives royales. Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, joue un rôle clé dans la mise en œuvre concrète de cette vision.
Bourita agit avec une grande habileté diplomatique pour transformer la vision royale en partenariats tangibles, faisant de la Plateforme de Marrakech un instrument exécutif qui dépasse les protocoles traditionnels. Son travail acharné donne une impulsion vigoureuse à la diplomatie sécuritaire marocaine grâce à une coordination continue avec les partenaires régionaux et internationaux, assurant que les axes sécuritaires soient alignés sur l’agenda de développement et de souveraineté des États africains.
Cela consacre Rabat comme centre diplomatique africain capable de gérer les dossiers sécuritaires les plus complexes avec perspicacité et rigueur, loin des agendas étrangers à la stabilité du continent.
L’approche marocaine en Afrique est un modèle unique qui combine la rigueur dans l’application de la loi avec l’efficacité dans la gestion des crises, tirant parti de l’accumulation de savoirs et techniques des organes souverains marocains pour faire face aux plans de sabotage et au terrorisme transfrontalier, intégrant les rôles de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), la Direction générale de la sécurité nationale (DGSN), la Gendarmerie royale, les Forces armées royales, le Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ), la Direction générale des études et de la documentation (DGED) et le corps diplomatique.
Développement socioéconomique et diplomatie spirituelle
La pensée stratégique du pays comprend que la durabilité de la stabilité est étroitement liée à la dotation des États africains de bases économiques offrant à leurs peuples de réelles alternatives. Les grands projets, tels que les gazoducs et les initiatives atlantiques visant à faciliter l’accès des pays du Sahel à l’océan, s’intègrent aux efforts sécuritaires pour créer un bloc solide de stabilité stratégique.
La dimension spirituelle et formative se distingue comme un outil doux ayant un impact à long terme pour immuniser les sociétés africaines contre la pensée extrémiste. L’institution de l’Imarat al-Mu’minin joue un rôle essentiel dans la protection de l’espace religieux et la diffusion des valeurs de modération. Les institutions religieuses marocaines, dirigées par la Fondation Mohammed VI des Oulémas africains, contribuent à former des cadres africains capables de démanteler les discours radicaux grâce à la référence à un islam modéré, caractéristique propre à l’expérience marocaine.
Consolidation de la Plateforme de Marrakech et projection future
Le succès de la Plateforme de Marrakech dans l’établissement des bases de cette doctrine signifie réduire les marges de manœuvre des puissances externes qui cherchent à déstabiliser l’équilibre continental. Le Maroc pose la pierre angulaire d’un édifice de sécurité africaine où la stabilité est un engagement national et souverain assumé par les États africains eux-mêmes.
Depuis son lancement en 2022, la Plateforme a réuni des chefs d’agences de lutte antiterroriste en Afrique, confirmant la continuité de cette démarche à travers les sessions de Marrakech (2022), Tanger (2023), Fès (2024) et Agadir (2025). Ces rencontres se sont imposées comme un rendez-vous fondamental pour échanger des expériences et renforcer la coopération régionale.
Ainsi, le Maroc reste la boussole du continent vers un avenir sûr, prospère et indépendant, traduisant les initiatives marocaines en réalisations tangibles protégeant la souveraineté des États africains et leurs intérêts supérieurs face aux menaces asymétriques croissantes, intégrant la dimension atlantique comme un corridor sûr pour l’intégration économique et un rempart contre la déstabilisation.



