Plusieurs organisations internationales, dont Amnesty International, Human Rights Watch, la FIDH et l’OMCT, montent au créneau pour exiger la libération de Moussa Tiangari. Ce défenseur acharné des droits fondamentaux au Niger est incarcéré depuis maintenant six mois, victime d’une procédure jugée abusive par la société civile.
Une arrestation musclée et des chefs d’accusation graves
C’est au début du mois de décembre 2024 que des agents en civil ont appréhendé le militant à son domicile de Niamey. Un mois plus tard, la justice nigérienne a retenu contre lui des charges extrêmement lourdes, allant de l’association de malfaiteurs à visée terroriste à l’atteinte à la sûreté de l’État. En raison de ces accusations de complot avec des entités étrangères, Moussa Tiangari encourt potentiellement la peine capitale.
Actuellement détenu à la prison de Filingué, loin de la capitale, le secrétaire général de l’organisation Alternatives Espaces Citoyens (AEC) n’a toujours pas été auditionné par un magistrat sur le fond de son dossier. Cette situation de détention préventive prolongée inquiète vivement les observateurs internationaux qui y voient une manœuvre pour étouffer la contestation.
La liberté d’expression dans le viseur du pouvoir
L’origine de ses déboires judiciaires semble directement liée à ses prises de position publiques. Peu avant son arrestation, il avait ouvertement critiqué sur les réseaux sociaux le retrait de licence de deux ONG humanitaires par les autorités. Il s’était également opposé à la mise en place d’un fichier recensant les individus liés au terrorisme, craignant des dérives liberticides pour la population du Niger.
- Moussa Tiangari risque d’être déchu de sa nationalité nigérienne en vertu de nouvelles ordonnances.
- Les charges retenues ne correspondent à aucune infraction internationale reconnue mais visent l’exercice de la liberté d’expression.
- Le militant est perçu comme une figure historique de la lutte pour la démocratie et la souveraineté des ressources.
Un climat de répression croissante
Pour les défenseurs des droits humains, ce dossier illustre un durcissement du régime en place. Depuis le coup d’État de juillet 2023, les voix dissidentes font l’objet d’un harcèlement constant. Les recours déposés par les avocats de la défense pour obtenir l’annulation de la procédure ont été systématiquement rejetés par les tribunaux de Niamey au cours de l’année 2025.
Les ONG partenaires de l’Observatoire pour la protection des défenseur·e·s des droits humains appellent à l’abandon immédiat de toutes les poursuites, rappelant que l’engagement de Moussa Tiangari en faveur de la justice sociale ne devrait pas être criminalisé.



