Le Burkina Faso traverse une crise humanitaire et sécuritaire sans précédent. Depuis le début de l’année 2023, les forces armées nationales, leurs auxiliaires civils et les factions terroristes affiliées à Al-Qaïda ont provoqué la mort de plus de 1 800 civils. Ces violences extrêmes ont également entraîné l’exode forcé de dizaines de milliers de personnes à travers le pays.
- L’armée burkinabè et le groupe armé GSIM sont impliqués dans des massacres de masse.
- Le gouvernement actuel est accusé de couvrir des abus atroces et de museler toute information indépendante.
- Une coopération internationale est urgente pour exiger que les responsables de tous les camps répondent de leurs actes.
Une enquête sur des crimes au Burkina Faso restés impunis
Un rapport d’investigation de 341 pages met en lumière l’ampleur des crimes au Burkina Faso. Les recherches documentent 57 incidents majeurs impliquant aussi bien les militaires et les Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM). Ces actes, qualifiés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, incluent notamment des campagnes de nettoyage ethnique visant la communauté peule.
Les enquêteurs ont recueilli les témoignages de plus de 450 personnes au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Mali. L’analyse croisée d’images satellites et de documents officiels confirme une stratégie délibérée de terreur. Sous la présidence d’Ibrahim Traoré, la répression s’est intensifiée contre les médias et l’opposition, dissimulant ainsi la réalité des massacres sur le terrain.
Massacres ethniques et tactiques de contre-insurrection
L’un des épisodes les plus sombres s’est déroulé en décembre 2023 lors de l’opération « Tchéfari 2 ». L’armée et ses milices ont exécuté plus de 400 civils dans le nord, près de Djibo. Des témoins rapportent des scènes d’horreur où des enfants ont été abattus sans pitié. Parallèlement, le village de Bassé a été le théâtre de l’exécution de 13 civils peuls, les mains liées, victimes d’un ciblage ethnique systématique sous prétexte de lutte antiterroriste.
Le GSIM et la stratégie de l’extermination
De son côté, le GSIM utilise la violence pour asseoir son autorité sur les zones rurales. En août 2024, le groupe djihadiste a massacré au moins 133 personnes à Barsalogho, accusant les habitants de collaborer avec les autorités. Le groupe impose également des sièges impitoyables à de nombreuses localités, provoquant la famine en bloquant les accès et en détruisant les infrastructures vitales comme les points d’eau.
Appel à une intervention de la justice internationale
Face à l’impunité totale dont jouissent les belligérants, la responsabilité de commandement est directement pointée du doigt. Le président Ibrahim Traoré et plusieurs hauts gradés burkinabè, tout comme le chef du GSIM Iyad Ag Ghaly, devraient faire l’objet d’enquêtes internationales. Il est crucial que le Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) se saisisse de ces dossiers pour briser le cycle des atrocités.
Les partenaires internationaux sont appelés à agir fermement, notamment par des sanctions ciblées, pour forcer les autorités du Burkina Faso à protéger les populations civiles et à garantir une justice équitable pour toutes les victimes du conflit.



