La tentative de riposte de Kemi Seba, l’activiste panafricain, s’est transformée en un véritable fiasco médiatique en moins de vingt-quatre heures. Confronté à la diffusion virale d’enregistrements audio le liant au tristement célèbre « bandit Agbaza », Kemi Seba a tenté d’éteindre la polémique en publiant une longue vidéo sur ses plateformes. Loin de dissiper les doutes, cette intervention a paradoxalement convaincu une large part de l’opinion publique de l’authenticité des audios.
Dans une séquence vidéo de près de quinze minutes, réalisée dans un cadre épuré, Kemi Seba a opté pour une stratégie de contre-attaque. Il y a dénoncé une « manipulation grossière orchestrée par des services occidentaux et leurs relais locaux », accusant ses détracteurs de chercher à « assassiner son engagement pour la souveraineté africaine ». Il a même lancé un vibrant appel à ses sympathisants : « Ne succombez pas au piège, ils veulent nous diviser ».
Cependant, au lieu de formellement démentir les enregistrements, Kemi Seba en a implicitement reconnu l’existence. Il a admis qu’il s’agissait bien de conversations transférées, sans contester le fond des échanges ni l’authenticité de sa voix. En reconnaissant que ces audios circulaient et en les qualifiant de « détournés » ou « manipulés », il a de facto confirmé être l’interlocuteur d’Agbaza. Cette reconnaissance partielle a eu un effet boomerang : loin de semer le doute sur la véracité des enregistrements, elle a achevé de les valider aux yeux du grand public.
L’accueil du public fut sans appel.
Sur les réseaux sociaux comme X (anciennement Twitter), TikTok et WhatsApp, les réactions ont été massives. Des milliers de commentaires, partagés par des internautes de Cotonou à Dakar, en passant par Paris et Bruxelles, ont repris des constats similaires : « Il n’a rien démenti de concret », « Il a reconnu que c’étaient des audios transférés, donc il valide leur authenticité », « Pourquoi ne porte-t-il pas plainte s’ils sont faux ? », « Plus il parle, plus ça sent le vrai ». Des mèmes ont rapidement émergé, montrant Kemi Seba s’exprimant face caméra avec des extraits sonores originaux en incrustation. Le hashtag #AudiosAuthentiques a dépassé les 2,5 millions de vues en moins de douze heures.
Même des analystes et des personnalités de la société civile, parfois non hostiles à l’activiste, ont exprimé de vives critiques. « En droit, pour nier une preuve, il faut la démonter point par point. Ici, il a fait l’inverse : il a crié à la conspiration sans jamais expliquer pourquoi sa voix, son phrasé, ses tics de langage et des détails très précis de la conversation correspondaient exactement à ce que l’on entend sur les enregistrements », a souligné un juriste béninois.
Habib Ahandessi, un ancien proche de Kemi Seba, a renchéri : « C’est pire qu’un aveu. En reconnaissant l’existence de ces audios et en les présentant comme des transferts, il a confirmé la réalité des échanges. On reconnaît sa manière de s’exprimer, ses expressions favorites, ses références. Personne n’est dupe. »
Les enregistrements en question, initialement diffusés sur des groupes restreints avant de se propager sur la toile, révèlent des discussions entre Kemi Seba et Agbaza, une figure notoire du grand banditisme dans la sous-région. Ces échanges portent sur des sujets sensibles tels que le financement, le terrorisme, les coups d’État et la coordination d’actions. Des éléments qui, selon plusieurs sources concordantes, soulèvent de sérieuses interrogations sur les frontières entre militantisme et criminalité.
Ainsi, la vidéo de défense de Kemi Seba, loin d’apaiser la situation, a eu l’effet inverse : elle a solidifié les doutes. Ce qui n’était il y a quarante-huit heures qu’une série de fuites embarrassantes est devenu, aux yeux du grand public, une confirmation directe de l’intéressé.
Contacté, l’entourage de l’activiste n’a pas souhaité commenter cette nouvelle vague de critiques. Un silence qui, une fois de plus, en dit long.
Le débat est loin d’être clos. Néanmoins, une chose est désormais manifeste : en cherchant à se défendre, Kemi Seba a involontairement validé, aux yeux de milliers d’Africains, l’authenticité des audios qui le lient au bandit Agbaza.



