Un revirement économique majeur se dessine en Afrique de l’Ouest. Le Nigeria, puissance pétrolière régionale, voit son voisin, le Bénin, le surpasser en termes de produit intérieur brut (PIB) par habitant. Cette évolution, soulignée par les récentes projections du Fonds Monétaire International (FMI), met en lumière une stratégie de gouvernance économique différenciée.
Analyse d’un basculement économique
Les chiffres pour l’année 2025 révèlent une divergence significative : la richesse moyenne par habitant au Bénin est estimée à 1 635 dollars, tandis que celle du Nigeria s’établit à 1 200 dollars.
L’ascension du Bénin est d’autant plus remarquable qu’elle s’opère sans dépendance aux hydrocarbures. La prospérité de Cotonou s’appuie sur plusieurs piliers : la modernisation de son port, un atout stratégique pour le commerce, et surtout la valorisation de ses exportations agricoles. La transformation du coton, notamment via la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), joue un rôle prépondérant dans cette dynamique.
À l’inverse, le Nigeria subit les conséquences de sa forte dépendance au pétrole et des choix de libéralisation monétaire. La dépréciation historique du Naira face au dollar a considérablement érodé le PIB nigérian en valeur réelle, révélant la vulnérabilité d’une économie peu diversifiée.
Une leçon de diversification économique
Cette situation offre une illustration concrète d’un principe économique fondamental. À l’image d’un budget personnel, l’économie d’un pays qui s’appuie sur une source unique de revenus, comme le Nigeria avec le pétrole, s’expose à des risques accrus. En revanche, une diversification des activités et des exportations, telle que celle adoptée par le Bénin, favorise la résilience et la croissance à long terme.



