Le retour du dialogue entre Cotonou et Niamey, matérialisé par la visite officielle du président béninois Romuald Wadagni à Niamey le 2 juin 2026, marque un tournant dans les relations entre les deux pays. Cette démarche diplomatique, prioritaire pour le nouveau chef de l’État béninois, intervient après une période de vives tensions qui avaient ébranlé les échanges économiques et sécuritaires.
Le processus de normalisation a été initié par la participation du Premier ministre nigérien à l’investiture de Romuald Wadagni à Cotonou, suivie d’une délégation béninoise à Niamey. Ces signaux forts ont été suivis d’un accueil chaleureux des autorités nigériennes, démontrant leur volonté de restaurer une coopération mutuellement bénéfique.
La fin des tensions et ses conséquences pour Kemi Seba
Avec l’ouverture des frontières et la reprise des flux commerciaux, la situation des populations transfrontalières devrait connaître une amélioration significative. Cependant, cette réconciliation diplomatique place Kemi Seba dans une position délicate. Ancien conseiller du Général Abdourahamane Tiani, il s’était illustré par des prises de position virulentes contre le gouvernement béninois, alimentant un conflit persistant.
Actuellement détenu en Afrique du Sud dans le cadre d’une procédure d’extradition vers le Bénin, Kemi Seba voit son influence s’effriter. Les autorités nigériennes, désormais en phase avec la réconciliation, ne lui accordent plus leur soutien, tandis que le Bénin exige son extradition pour répondre des accusations liées à un coup d’État manqué.
Les messages privés ayant fuité et révélant ses liens avec certains dirigeants nigériens ont achevé de le discréditer aux yeux des nouvelles autorités des deux pays. Alors que Romuald Wadagni et ses homologues nigériens restaurent leurs relations institutionnelles, Kemi Seba se retrouve isolé, poursuivi par la justice et rejeté politiquement, sans aucun appui régional.



