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CEPA Bénin-émirats arabes unis : les coulisses du pacte qui va secouer l’économie ouest-africaine

Un tournant inattendu dans les relations économiques entre le Bénin et les Émirats arabes unis

L’histoire vient d’écrire une nouvelle page marquante entre le Bénin et les Émirats arabes unis. Lors d’une visite officielle à Abou Dabi, les deux nations ont scellé un Accord de Partenariat Économique Global (CEPA), une décision stratégique aux répercussions bien plus profondes que les simples échanges commerciaux. Derrière cette signature se cachent des mois de négociations secrètes, des enjeux géoéconomiques majeurs et une volonté commune de redéfinir les règles du jeu en Afrique de l’Ouest et dans le Golfe.

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Ce que contient vraiment l’accord CEPA : l’arsenal des mesures dévoilé

Les détails de ce pacte, souvent résumés à des termes vagues comme « partenariat économique », recèlent en réalité des dispositifs concrets et disruptifs pour les entreprises et les investisseurs des deux pays. Voici la feuille de route exacte que les dirigeants béninois et émiratis ont préparée :

La fin des barrières tarifaires : une révolution pour les échanges

L’une des pierres angulaires de cet accord réside dans l’élimination progressive — voire immédiate — des droits de douane sur des centaines de produits. Les secteurs ciblés ? L’agriculture, l’industrie et les biens manufacturés. Concrètement :

  • Les exportations béninoises vers les Émirats arabes unis : davantage de produits locaux, comme les noix de cajou, le coton ou les produits halieutiques, bénéficieront d’un accès facilité au marché du Golfe, l’un des plus dynamiques au monde.
  • Les importations béninoises depuis les Émirats : les technologies, les équipements médicaux et les machines industrielles entreront au Bénin à des coûts réduits, boostant la productivité des entreprises locales.

Un marché des services libéralisé : une aubaine pour les startups et les investisseurs

Au-delà des biens physiques, le CEPA ouvre une brèche dans le secteur des services, traditionnellement protégé. Les entreprises béninoises et émiraties pourront désormais :

  • Proposer des services financiers, logistiques ou numériques avec des règles simplifiées.
  • Bénéficier d’un cadre juridique renforcé, protégeant les investissements et réduisant les risques de litiges.

Des protocoles secrets révélés : le Bénin et les Émirats misent sur des secteurs d’avenir

Les négociations ont permis de formaliser des accords annexes, moins médiatisés mais tout aussi stratégiques :

  • Les énergies renouvelables : développement de projets solaires et éoliens au Bénin, avec l’expertise émiratie dans les technologies vertes.
  • L’agro-industrie : modernisation des chaînes de valeur agricoles, notamment pour le maïs, le soja et les produits locaux transformés.
  • L’hébergement de données et le numérique : création de data centers au Bénin, transformant le pays en hub numérique pour l’Afrique de l’Ouest.
  • La sécurité alimentaire : partenariats pour assurer l’autosuffisance alimentaire et réduire la dépendance aux importations.
  • L’échange d’expertise gouvernementale : formations et transferts de savoir-faire en gestion des ports, logistique et gouvernance.

Une explosion des échanges non pétroliers : les chiffres qui ont tout accéléré

Pourquoi un tel empressement à signer ce CEPA ? Les échanges commerciaux entre les deux pays ont connu une croissance fulgurante ces dernières années, poussant les deux gouvernements à formaliser ces relations. Les données parlent d’elles-mêmes :

  • 2021 : 1,01 milliard de dollars d’échanges (hors pétrole).
  • 2025 : 2,15 milliards de dollars, soit une hausse de 65 % en quatre ans.
  • Premier semestre 2026 : 1,29 milliard de dollars, en progression de 37,4 % par rapport à la même période en 2025.

Cette dynamique vertigineuse a rendu indispensable la mise en place d’un cadre légal solide pour sécuriser ces flux et éviter les distorsions de marché.

Ce que le Bénin et les Émirats arabes unis gagnent vraiment avec ce CEPA

Pour Cotonou : une stratégie de diversification et d’attractivité renforcée

Le Bénin mise sur cet accord pour diversifier ses partenariats économiques, historiquement concentrés sur l’Europe et l’Afrique de l’Ouest. Voici les bénéfices attendus :

  • Accès à de nouveaux marchés : les produits béninois, comme les ananas, l’huile de palme ou les textiles, trouveront plus facilement preneurs dans le Golfe.
  • Attraction des IDE émiratis : les fonds souverains et les entreprises des Émirats arabes unis pourraient injecter des milliards dans les infrastructures béninoises, notamment le Port Autonome de Cotonou et la Zone Économique Spéciale de Glo-Djigbé.
  • Positionnement logistique clé : le Bénin pourrait devenir une plateforme incontournable pour les Émirats souhaitant étendre leur influence en Afrique de l’Ouest.

Pour Abou Dabi : sécuriser des ressources et des débouchés stratégiques

Pour les Émirats arabes unis, ce CEPA s’inscrit dans leur ambition de dominer les chaînes d’approvisionnement mondiales. Les gains escomptés sont multiples :

  • Sécurisation des approvisionnements agricoles : le Bénin, avec ses terres arables et son climat favorable, pourrait devenir un fournisseur majeur de céréales et de produits halieutiques pour les Émirats.
  • Débouchés pour les capitaux émiratis : les investissements dans les infrastructures (routes, énergie, numérique) serviront de levier pour exporter l’expertise locale.
  • Renforcement de l’influence géoéconomique : en s’ancrant au Bénin, les Émirats consolidient leur présence en Afrique, face à la concurrence de la Chine, de la Turquie et de l’Europe.

Après la signature : le parcours semé d’embûches de la ratification

Si l’accord a été célébré en grande pompe à Abou Dabi, son entrée en vigueur n’est pas encore acquise. Les deux pays doivent désormais franchir une étape cruciale : la ratification parlementaire. Voici ce qui attend les autorités :

  • Pour le Bénin : le texte doit être examiné et adopté par l’Assemblée nationale, un processus qui pourrait prendre plusieurs mois.
  • Pour les Émirats arabes unis : le Conseil fédéral de la coopération (équivalent du Parlement) devra valider le CEPA, une formalité généralement rapide mais pas toujours garantie.

Une fois ces étapes franchies, les exonérations douanières et les incitations fiscales deviendront pleinement opérationnelles, offrant aux entreprises un cadre clair pour développer leurs activités transfrontalières.

Quelles conséquences pour les citoyens et les entreprises ?

Ce CEPA ne concerne pas uniquement les gouvernements ou les grands groupes. Les retombées toucheront aussi les acteurs locaux, à différents niveaux :

Pour les entrepreneurs béninois

Les petites et moyennes entreprises (TPE/PME) béninoises pourraient tirer profit de :

  • L’accès à des machines et technologies à moindre coût via les importations émiraties.
  • De nouvelles opportunités d’exportation vers un marché exigeant, stimulant l’innovation et la qualité.
  • Des partenariats avec des investisseurs émiratis dans des secteurs comme l’agroalimentaire ou le numérique.

Pour les citoyens des deux pays

Les populations pourraient bénéficier indirectement de ce partenariat :

  • Création d’emplois dans les secteurs de l’agriculture, des infrastructures et des services.
  • Développement de projets sociaux liés à la sécurité alimentaire ou à l’accès à l’énergie.
  • Amélioration des services publics grâce à un transfert de savoir-faire en gestion et gouvernance.

Un modèle à suivre pour l’Afrique de l’Ouest ?

Ce CEPA entre le Bénin et les Émirats arabes unis pourrait bien devenir un cas d’école pour les autres nations africaines. En effet, il illustre comment un pays en développement peut tirer parti de ses atouts (géographie, ressources naturelles, main-d’œuvre) pour attirer des partenaires stratégiques et booster son économie. Les leçons à retenir :

  • La diversification des partenariats : ne plus dépendre uniquement des anciennes puissances coloniales ou des voisins immédiats.
  • L’attractivité par les réformes : moderniser les infrastructures et les cadres juridiques pour séduire les investisseurs étrangers.
  • L’agilité géopolitique : savoir saisir les opportunités offertes par des acteurs émergents comme les Émirats, bien au-delà des traditionnels partenaires occidentaux.
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Mariam Sidibé
Journaliste