Le Cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, a été reçu hier à Brazzaville par Denis Sassou-Nguesso, président de la République du Congo. Cette audience s’inscrit dans le cadre des consultations menées par le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, auprès des leaders religieux et politiques de la RDC.
L’entretien a porté sur les défis majeurs auxquels fait face la République démocratique du Congo. Parmi eux, le débat autour d’un possible changement constitutionnel et la guerre qui ravage l’Est du pays, aggravée par les activités de groupes armés et l’intervention du Rwanda via la rébellion du M23.
Une préoccupation partagée pour la situation congolaise
À l’issue de la rencontre, Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), a révélé l’inquiétude profonde du président congolais face à la dégradation de la situation en RDC.
« Le président Denis Sassou-Nguesso s’est dit très préoccupé par la situation dans notre pays, qu’il considère comme un frère. Il a souhaité entendre le Cardinal Fridolin Ambongo, en tant que pasteur, sur son analyse de la crise. Pour lui, la fragilité actuelle de la RDC représente un danger majeur pour l’Afrique contemporaine. Il a tenu à recueillir l’avis d’un homme d’Église sur les moyens d’y remédier », a expliqué Mgr Donatien Nshole.
Le secrétaire général de la CENCO a également confirmé que Denis Sassou-Nguesso avait déjà échangé avec le président Félix Tshisekedi, qui s’était rendu à Brazzaville peu avant cette audience.
« Il nous a confié avoir également discuté avec le chef de l’État congolais, Félix Tshisekedi. Le président congolais nous a prodigué des conseils avisés pour nous aider à surmonter cette crise », a-t-il précisé.
Monseigneur Nshole a par ailleurs souligné l’ampleur des conséquences humaines du conflit dans l’Est de la RDC, où des milliers de civils subissent les violences quotidiennes.
« Regardez ce qui se passe à l’Est : une guerre sévit, des compatriotes sont séparés de nous, des vies sont perdues chaque jour sur les champs de bataille. Ce n’est pas une situation anodine », a-t-il déclaré.
L’Église catholique s’oppose à toute révision constitutionnelle
Cette rencontre survient alors que la CENCO réaffirme son opposition catégorique à toute modification de la Constitution congolaise. Dans un message diffusé le 20 juin 2026, les évêques congolais ont exprimé leur position :
« Après une profonde réflexion, nous ne voyons ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité de changer la Constitution. Aujourd’hui, la priorité absolue en RDC doit être la paix, le bien-être de la population, ainsi que l’unité et la cohésion nationales. »
Cette prise de position intervient dans un contexte où l’Union sacrée de la Nation, plateforme politique du président Félix Tshisekedi, a exprimé son intention de réviser la Constitution. Une initiative vivement contestée par l’opposition et de nombreuses forces sociales, qui y voient une manœuvre visant à contourner la limite des deux mandats présidentiels.
Le second mandat de Félix Tshisekedi doit s’achever en décembre 2028, avec une passation de pouvoir prévue pour janvier 2029.



