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Africa corps : la nouvelle arme russe qui redessine le Sahel

Africa Corps : la nouvelle milice russe qui gagne du terrain au Mali et au Sahel

Cette organisation paramilitaire discrète, héritière controversée de Wagner, étend son influence au Mali après avoir été chassée de Kidal. Moscou mise sur elle pour renforcer sa présence en Afrique.

Un week-end marqué par des violences au Mali. Le 25 avril 2026, des attaques simultanées ont visé plusieurs positions clés de la junte malienne, notamment dans la région de Bamako. Parmi les cibles, le domicile du ministre de la Défense Sadio Camara, qui a trouvé la mort lors de ces assauts.

Dans l’est du pays, Kidal, bastion stratégique de la junte, est tombé aux mains des rebelles touaregs après des combats acharnés. La milice Africa Corps, qui contrôlait la ville depuis des années, a finalement cédé sous la pression et évacué la zone. Malgré cette défaite locale, l’organisation conserve une influence majeure dans la région.

Considérée comme l’une des structures militaires les plus secrètes de Moscou, Africa Corps a été officiellement lancée en 2023. Son existence a été révélée par le blogueur militaire Deux Majors sur Telegram, citant Igor Korotchenko, ancien colonel et journaliste proche du pouvoir russe. L’organisation serait directement supervisée par Iounous-bek Evkourov, vice-ministre russe de la Défense.

Son émergence coïncide avec le déclin du groupe Wagner, dont les fondateurs, Evgueni Prigojine et Dmitri Outkine, ont disparu tragiquement dans un accident d’avion en août 2023. Peu avant sa mort, Prigojine avait tenté de défier Vladimir Poutine en orchestrant une rébellion armée.

Une structure conçue pour remplacer Wagner

Africa Corps est présentée par les observateurs comme un successeur désigné de Wagner en Afrique. Selon des sources gouvernementales américaines, cette milice vise à absorber les activités et le personnel de son prédécesseur. Plus centralisée et rigide, elle est placée sous le contrôle direct du Kremlin.

Son nom s’inspire de l’Afrikakorps, unité allemande ayant opéré en Afrique du Nord pendant la Seconde Guerre mondiale, évoquant délibérément le régime nazi de par sa connotation historique.

Des objectifs affichés pour séduire les régimes africains

Dès sa création, Africa Corps a affiché ses ambitions : mener des opérations militaires d’envergure en Afrique pour aider les États à se libérer de la dépendance occidentale, expulser les influences étrangères et conquérir une souveraineté totale. Igor Korotchenko, l’un de ses principaux porte-parole, a détaillé cette stratégie.

Contrairement à Wagner, souvent critiqué pour ses exactions, Africa Corps mise sur une approche plus discrète. Son action se concentre sur le soutien logistique et militaire aux gouvernements alliés de Moscou, en leur fournissant soldats et équipements. Son réseau s’étend progressivement au Burkina Faso, en Libye, au Soudan, en République centrafricaine et au Niger.

Le Mali, cœur de ses opérations en Afrique de l’Ouest

Africa Corps a pris le relais de Wagner au Mali dès 2024, déployant des centaines, voire des milliers de mercenaires. Plusieurs commandants wagnériens et leurs troupes ont rejoint ses rangs, renforçant sa présence sur place.

Son objectif principal : soutenir la junte malienne face aux groupes rebelles touaregs. Cette implication permet à Moscou de consolider son emprise régionale, notamment après le retrait des forces occidentales, dont la France. L’organisation cherche également à sécuriser des corridors migratoires stratégiques et à exploiter les ressources minières locales.

Bien que moins médiatisée que Wagner, Africa Corps n’en est pas moins ciblée par des sanctions internationales. En 2024, le Royaume-Uni l’a accusée de violations graves des droits humains et d’exploitation des ressources naturelles africaines à des fins lucratives.