victoire historique de lens à wembley en 1998 : le récit exclusif de warmuz
Le 25 novembre 1998 restera à jamais gravé dans l’histoire du football français. Ce soir-là, au mythique stade de Wembley, le Racing Club de Lens affrontait l’Arsenal Football Club, champion d’Angleterre en titre, lors d’un match de Ligue des champions. Sous les couleurs des Sang et Or, l’équipe dirigée par Daniel Leclercq a réalisé l’exploit : devenir le premier club français à s’imposer sur cette pelouse légendaire. Guillaume Warmuz, alors gardien titulaire, partage aujourd’hui son témoignage unique sur cette soirée inoubliable.
une préparation hors du commun pour un match d’exception
Dès leur arrivée à Londres, les joueurs lensois ont compris l’ampleur du défi. Guillaume Warmuz se souvient : « Dès notre installation à l’hôtel, nous avons plongé dans l’ambiance anglaise. L’objectif était clair : savourer cette opportunité unique d’affronter Arsenal à Wembley, sans pression excessive. Ce match représentait la récompense de notre titre de champion de France, il fallait en profiter sans le gâcher. »
La veille du match, Daniel Leclercq, surnommé « Le Druide » par ses joueurs, a insisté sur la nécessité de se concentrer sur l’essentiel. Warmuz ajoute : « Après l’entraînement, personne ne voulait quitter le terrain. Tout semblait parfait, comme si l’histoire s’écrivait déjà sous nos yeux. Quand notre bus s’est approché de Wembley, nous avons immédiatement ressenti cette magie : nous étions là, dans ce stade mythique, pour y écrire une page du football français. »
une tactique audacieuse pour dompter l’arrogance londonienne
Le plan de jeu adopté par le RC Lens était loin d’être conventionnel. Warmuz explique : « Nous devions attaquer, ne pas subir. L’idée était de transformer ce match en un combat, comme un match de boxe. Pas de stratégie anti-Anelka ou anti-Overmars, simplement jouer notre jeu avec agressivité et intensité. »
Pour y parvenir, l’équipe a opté pour un système défensif en zone, avec une défense à quatre joueurs, une première pour eux cette saison-là. Frédéric Déhu et Cyrille Magnier formaient la charnière centrale, tandis que Alex Nyarko restait axial devant eux. Les deux milieux Cyril Rool et Mickaël Debève devaient se projeter vers l’avant, créant ainsi un bloc de cinq joueurs offensifs et cinq joueurs défensifs. Vladimir Smicer occupait le rôle de meneur de jeu derrière les deux attaquants, Tony Vairelles et Pascal Nouma, libres de leurs mouvements.
le gardien lensois, héros malgré lui
En première période, Guillaume Warmuz a dû faire preuve d’une vigilance extrême. Il raconte : « Nous jouions très haut, presque sur la ligne médiane. Dès les premières minutes, nous avons frôlé l’ouverture du score. Overmars a failli marquer après trois minutes, puis Anelka a profité d’un espace dans notre dos à la 31e minute. »
Sur l’action d’Anelka, Warmuz a réalisé une intervention décisive : « Il me voyait, il a poussé son ballon. Tout allait très vite. J’ai compris que si je continuais à jouer le ballon, j’étais mort. Alors, j’ai anticipé son crochet, comme un défenseur, et je l’ai taclé pour récupérer le ballon. J’ai eu de la chance, car s’il avait poussé un peu plus loin, c’était terminé. »
le tournant du match et l’exploit historique
À la mi-temps, le score était toujours de 0-0. Daniel Leclercq a rappelé à ses joueurs l’importance de rester compacts et de resserrer les lignes. Warmuz se souvient : « Nous étions sereins, mais il fallait encore basculer le match. De l’autre côté, les joueurs d’Arsenal semblaient piqués par les remarques de leur entraîneur. »
En seconde période, l’intensité n’a pas faibli. À la 52e minute, Pascal Nouma a frôlé l’ouverture du score, mais sa frappe est passée au-dessus de la cage. Puis, à la 73e minute, l’exploit a eu lieu : après une action collective, Mickaël Debève a marqué le but de la victoire. Warmuz décrit l’action : « Smicer a centré depuis le flanc gauche, et Debève, au second poteau, a conclu d’une reprise de volée. Le gardien anglais a cru à un hors-jeu, mais l’arbitre a validé le but. »
le silence de Wembley et l’émotion pure
Après le match, Warmuz a pris le temps de savourer seul sur le terrain. « Tous les projecteurs se sont éteints un à un. Il ne restait que les petites lumières des tribunes, et ce silence… J’étais tout seul dans Wembley. Je me suis assis sur les strapontins, j’ai pris dix minutes pour moi, pour réaliser ce que nous venions d’accomplir. »
Il conclut : « Pour un gars de Blanzy, en Bourgogne, c’était irréel. Non seulement nous avions gagné à Wembley, mais nous étions les premiers à le faire. J’ai rendu grâce à Dieu, car c’était un rêve devenu réalité. Ce soir-là, j’ai vécu le plus beau moment de ma carrière. »
l’image qui reste
Cette victoire historique a marqué les esprits. Warmuz se souvient : « Nos supporters ne s’arrêtaient plus de chanter. Les joueurs d’Arsenal étaient piqués, ils voulaient nous écraser. Mais nous avions marqué l’histoire. Personne ne pourra jamais refaire ce que nous avons accompli ce soir-là. »
Le RC Lens est reparti de Wembley avec une victoire 1-0, mais surtout avec un exploit qui restera à jamais gravé dans les annales du football français.



