Le Togo mise sur des partenariats militaires controversés pour sécuriser son territoire
Dans un contexte régional marqué par l’instabilité, le Togo a choisi une approche audacieuse pour renforcer sa sécurité. Face à la montée des groupes armés dans le Sahel, Lomé a multiplié les partenariats militaires, notamment avec la Russie et la Turquie. Depuis 2025, des signes concrets de cette collaboration ont émergé, révélant une stratégie visant à sécuriser les frontières et à contrer les menaces jihadistes.
Cette réorientation de la politique de défense togolaise s’inscrit dans une logique de souveraineté renforcée. En s’appuyant sur des acteurs extérieurs, le gouvernement de Faure Gnassingbé cherche à combler les lacunes de ses forces armées tout en évitant une dépendance exclusive aux partenaires traditionnels.
L’Africa Corps, un acteur clé dans la stratégie togolaise
L’arrivée de l’Africa Corps au Togo a été l’un des tournants les plus marquants de cette nouvelle politique. Cette force paramilitaire russe, spécialisée dans les opérations de sécurité, a été déployée pour former les troupes locales et participer à des missions de lutte antiterroriste. Les observateurs soulignent que cette collaboration s’est intensifiée ces dernières années, avec des exercices conjoints et des transferts d’équipements militaires.
Les autorités togolaises justifient ce rapprochement par la nécessité de protéger les populations et de stabiliser la région. Cependant, cette alliance suscite des interrogations quant à son impact sur la souveraineté du pays et les risques de dépendance envers Moscou.
La Turquie, un partenaire aérien et logistique incontournable
En parallèle, Lomé a développé une coopération militaire étroite avec la Turquie. Ce partenariat s’est concrétisé par la livraison d’aéronefs et la modernisation des infrastructures de défense. Les drones turcs, notamment, jouent désormais un rôle central dans la surveillance des frontières et la lutte contre les groupes armés.
Cette alliance a également permis au Togo de bénéficier d’un soutien logistique et technique, essentiel pour améliorer la réactivité de ses forces armées. Les bases militaires turques installées sur le territoire togolais sont devenues un symbole de cette coopération, même si leur existence reste officiellement discrète.
Un dispositif secret pour contrer les menaces du Sahel
Les autorités togolaises ont mis en place un dispositif de sécurité discret, mais efficace, pour faire face aux défis posés par les groupes jihadistes. Parmi les mesures phares, on note le renforcement des patrouilles aux frontières et l’utilisation de technologies de surveillance avancées. La base militaire de Dihiaga, dans la région des Savanes, est un exemple concret de cette stratégie : elle sert de plateforme pour les opérations conjointes avec les partenaires étrangers.
Cette approche, bien que controversée, semble porter ses fruits. Les rapports officiels indiquent une diminution des incursions armées depuis le déploiement des mercenaires russes et des équipements turcs. Cependant, les critiques pointent du doigt les risques de dérives autoritaires et de violation des droits humains liés à l’utilisation de forces paramilitaires.
Quels enjeux pour l’avenir du Togo ?
Le choix du Togo de s’allier à la Russie et à la Turquie soulève plusieurs questions. D’un côté, cette stratégie permet de renforcer la sécurité nationale et de protéger les populations. De l’autre, elle expose le pays à des pressions géopolitiques et à une dépendance accrue envers des acteurs extérieurs.
Les observateurs s’interrogent également sur l’impact à long terme de ces alliances. La présence de mercenaires russes et de bases militaires turques pourrait, en effet, attirer l’attention de groupes armés ou de puissances rivales, exacerbant les tensions régionales. Pour Faure Gnassingbé, l’enjeu est de trouver un équilibre entre sécurité et autonomie stratégique.
Vue aérienne de la base de Dihiaga, dans la région des Savanes, début 2024.



