Tchad : le gouvernement dément les allégations de frappes meurtrières contre des civils
Le gouvernement tchadien a vivement rejeté, ce jeudi, les accusations portées par l’ONU concernant des victimes civiles lors d’opérations militaires ciblant Boko Haram dans la région du bassin du lac Tchad. N’Djamena confirme néanmoins sa volonté de mener des enquêtes approfondies si nécessaire.
L’armée tchadienne, un rempart contre le terrorisme
Gassim Chérif Mahamat, porte-parole du gouvernement tchadien, a vivement critiqué les accusations visant à « salir la réputation de l’armée tchadienne ». Selon lui, les forces armées du pays agissent avec professionnalisme dans leur lutte contre les groupes armés au Sahel et dans la zone du lac Tchad. Ces déclarations font suite à un communiqué du Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU, pointant du doigt des frappes attribuées à l’armée tchadienne et nigériane dans le nord-est du Nigeria, ayant prétendument causé la mort d’une trentaine de civils.
L’ONU exige des enquêtes rapides et transparentes
Volker Türk, Haut-Commissaire aux droits de l’homme, a appelé ce mercredi les autorités tchadiennes et nigérianes à mener des investigations « rapides, indépendantes et impartiales » sur ces incidents. Il a rappelé l’obligation pour les forces armées de respecter le droit international humanitaire, insistant sur le fait que « les civils ne doivent jamais être pris pour cible ».
Le Tchad ouvert à une enquête interne
Malgré le rejet des accusations, le gouvernement tchadien se dit prêt à ouvrir des enquêtes pour faire la lumière sur ces événements. Gassim Chérif Mahamat a souligné l’indépendance de la justice tchadienne, capable de conduire des investigations « dans la plus grande transparence ». De son côté, le Nigeria a justifié ses frappes en affirmant avoir ciblé une « structure terroriste confirmée », occupée exclusivement par des groupes armés non étatiques.
Le bassin du lac Tchad, épicentre du terrorisme en Afrique
Depuis plus de quinze ans, le bassin du lac Tchad, une zone marécageuse partagée entre le Nigeria, le Niger, le Cameroun et le Tchad, est devenu un foyer majeur de l’activité jihadiste. Ce territoire, refuge historique pour Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), reste le théâtre d’opérations militaires régulières menées par les armées régionales. Le contexte sécuritaire y demeure particulièrement instable, exacerbé par la présence de groupes armés bien organisés.


