Analyses

Shanda Tonme analyse les défis de la gouvernance au Cameroun

Pour le Médiateur Universel, l’intérêt supérieur du Cameroun doit primer sur toute autre considération clanique ou amicale.

La nation se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins, confrontée à des enjeux existentiels qui touchent au cœur même de l’État et de la République. Le constat est sans appel : aucun citoyen ne peut se prévaloir d’une impunité totale. Avant d’envisager un quelconque remaniement ou l’installation de nouvelles figures au sommet de l’exécutif, une purification de la scène politique s’impose. Le mal qui ronge les institutions est profond, et les citoyens exigent désormais des comptes.

Vers une refonte profonde des institutions camerounaises

Le dilemme actuel est crucial : devons-nous nous contenter d’un simple ravalement de façade en conservant des acteurs aux pratiques douteuses, ou aspirons-nous à bâtir des institutions solides ? L’objectif doit être de confier les rênes du pays à des personnalités réellement intègres, animées par un patriotisme sincère et une loyauté indéfectible envers la patrie.

La stratégie du temps et de la réflexion face aux réseaux

Dans ce contexte, le Chef de l’État, Paul Biya, se retrouve dans une position délicate, peut-être la plus complexe de son parcours. Bien que sa longévité au pouvoir suscite des commentaires, il serait réducteur de lui imputer l’intégralité des dysfonctionnements nationaux. Au fil des décennies, il a fait preuve d’une patience remarquable face aux trahisons et aux dérives de certains collaborateurs proches.

Gouverner le Cameroun n’est pas une mince affaire. Ceux qui croient qu’un simple changement d’hommes suffirait ignorent la complexité des réseaux d’influence qui gravitent autour du pouvoir. La stratégie présidentielle semble aujourd’hui reposer sur la maîtrise du temps. C’est ce temps qui permet de démasquer les traîtres et de mesurer l’ampleur des réformes nécessaires.

L’urgence est pourtant palpable. Comment ne pas s’inquiéter lorsqu’un responsable à peine nommé sollicite des sommes astronomiques pour son confort personnel ? Face à ce panier de crabes, la réflexion est de mise pour ne pas compromettre les fondements de la nation. Il n’y aura plus de place pour les prétendus intouchables ou les protégés des réseaux toxiques.

En fin de compte, la logique qui doit prévaloir ne connaît ni village, ni tribu, ni clan. Seul l’avenir du Cameroun et des générations futures compte. Construire positivement le destin d’une nation exige des sacrifices et une patience souvent mal comprise par ceux qui prônent la précipitation. L’enjeu est la survie même de notre État.