Le débat sur la succession au sommet de l’État a pris une nouvelle tournure suite aux récentes déclarations du ministre des Finances concernant la restructuration de la Sonara, replaçant ce dernier au centre de l’échiquier politique.
Cette intervention médiatique intervient dans un climat de fortes tensions où les manœuvres pour le poste de vice-président se multiplient. Selon plusieurs analyses, le ministre des Finances revient en force dans la course, alors que des campagnes de déstabilisation semblent viser d’autres figures de l’entourage présidentiel, notamment Franck Biya. Des informations persistantes ont tenté de suggérer un rejet de sa candidature par certaines élites régionales, affirmant une hostilité de la jeunesse du Sud à son égard. Toutefois, ces attaques pourraient traduire une crainte croissante de ses concurrents directs pour la future vice-présidence.
Dans les cercles restreints du pouvoir, il se murmure qu’avant son récent séjour en Suisse, le président Paul Biya aurait été sollicité par différentes factions. Deux schémas de gouvernement et de vice-présidence lui auraient été soumis : l’un émanant de l’entourage de la Première dame et l’autre des services du Secrétariat général de la présidence. Le chef de l’État n’aurait donné suite à aucune de ces propositions, préférant maintenir son propre agenda et privilégier des séances de travail directes avec son fils, Franck Biya, lors de son déplacement à Genève.
Guerre des clans et révélations fracassantes
La bataille finale au sein de l’appareil d’État semble désormais engagée. Des allégations récentes tentent d’impliquer Franck Biya dans des réseaux de trafic d’or, une manœuvre perçue par beaucoup comme une tentative de discrédit orchestrée par l’État profond. Parallèlement, les enquêtes menées par le TCS (Tribunal Criminel Spécial) sur les pillages de ressources aurifères, ainsi que les rebondissements de l’affaire Martinez Zogo, sont suivis avec une attention extrême par Paul Biya. Ces dossiers pourraient bien sceller le sort de plusieurs hauts dignitaires du régime qui affichent des ambitions démesurées pour le pouvoir.
Cette période d’incertitude entourant le remaniement ministériel et la désignation d’un vice-président exacerbe les tensions sécuritaires. Le chef de l’État a d’ailleurs renforcé son dispositif de protection. Suite aux révélations sur les liens troubles entre certains services et des hommes d’affaires impliqués dans des scandales judiciaires, Paul Biya s’appuie désormais davantage sur le BIR (Bataillon d’Intervention Rapide), unité d’élite dédiée à la souveraineté nationale. Le commandement de la Garde Présidentielle a également vu son rôle réaffirmé au cœur même du palais d’Etoudi.
Une maîtrise totale des dossiers stratégiques
Sur le plan international, la situation au Cameroun est scrutée de près. Des échanges discrets avec les services de renseignement américains, incluant une visite de haut niveau à l’aéroport de Yaoundé-Nsimalen, soulignent l’importance de la stabilité du pays pour la région. Les partenaires extérieurs encouragent une sécurisation accrue des déplacements présidentiels afin d’éviter tout risque de déstabilisation en l’absence d’un successeur officiellement désigné.
Malgré les rumeurs de fragilité, le président Paul Biya conserve une main ferme sur les dossiers sensibles. Face à la lutte acharnée des clans, son maintien et son autorité apparaissent comme les seuls remparts capables de garantir une alternance pacifique. Plus que jamais, la cohésion autour du chef de l’État est présentée comme une nécessité pour préserver l’unité nationale et assurer une transition ordonnée le moment venu.



