Rabat s’impose comme l’épicentre des discussions stratégiques autour de la sécurité maritime en Afrique avec l’African Maritime Forces Summit 2026 (AMFS 2026), qui se déroule du 20 au 24 juillet. Organisé sous l’égide de la Marine royale marocaine, en collaboration étroite avec les forces navales américaines en Europe et en Afrique (NAVAF) ainsi que le commandement des Marines américaines (MARFORAF), cet événement met en lumière les défis cruciaux du domaine maritime africain. L’innovation, la coopération transnationale et les avancées technologiques constituent les piliers de cette édition, structurée autour de trois axes majeurs : la coordination interministérielle, l’innovation technologique et le renforcement des partenariats régionaux.
L’enjeu principal de ce sommet est de renforcer la sécurité collective en identifiant les menaces communes qui pèsent sur les voies navigables africaines. Selon les organisateurs, cette rencontre vise à consolider les capacités locales tout en favorisant une réponse unifiée face aux défis majeurs tels que la pêche illicite, le trafic maritime, le terrorisme ou encore les migrations irrégulières. Une nouveauté cette année : l’introduction d’ateliers interactifs proposant des scénarios concrets pour anticiper et résoudre des crises potentielles.
Un engagement africain et international
Le contre-amiral Mohamed Tahin, inspecteur de la Marine royale marocaine, a souligné l’importance de ce sommet lors d’une conférence de presse. Pour lui, cet événement incarne «l’engagement sans faille du Maroc à promouvoir la coopération africaine et à renforcer la stabilité régionale». Il a ajouté que les échanges devaient se concentrer sur «l’intégration des technologies émergentes, la connaissance du domaine maritime et la protection de l’environnement», tout en insistant sur la nécessité d’une action coordonnée entre les nations.
«Nous sommes convaincus que ce sommet renforcera la coopération entre l’Afrique, les forces maritimes africaines et leurs partenaires internationaux, favorisera l’échange de bonnes pratiques et contribuera à bâtir un avenir maritime plus sûr, plus sécurisé et plus prospère pour le continent.»
L’amiral George Wikoff, commandant de la NAVAF, a également mis en avant l’impact global de la sécurité maritime sur «le commerce international, la sécurité alimentaire et la stabilité des pays africains». Il a rappelé que des menaces comme la piraterie ou la criminalité transnationale nécessitent une réponse collective, car aucune nation ne peut y faire face seule. «Ces défis transfrontaliers exigent une collaboration entre les services, les agences et les pays voisins pour sécuriser les accès maritimes et protéger les économies», a-t-il déclaré.
Une coopération Maroc – États-Unis en pleine expansion
L’édition 2026 de l’AMFS se déroule dans un contexte marqué par un renforcement des liens militaires entre le Maroc et les États-Unis. Cette dynamique bilatérale, déjà visible lors de l’exercice African Lion, s’étend désormais à des domaines stratégiques comme la coproduction d’armements et le développement d’une industrie militaire nationale. Ben Ziff, chargé d’affaires à l’ambassade des États-Unis à Rabat, a confirmé que ces discussions figuraient parmi les priorités du sommet.
«Le Maroc est un partenaire de premier plan, dont le tissu industriel offre un potentiel immense pour renforcer notre sécurité commune», a-t-il affirmé. Les échanges portent notamment sur la création d’emplois locaux, le partage de technologies et le développement d’un écosystème marocain dédié à la production militaire. «Nous explorons activement de nouvelles pistes pour satisfaire nos besoins mutuels et consolider notre sécurité collective», a-t-il ajouté.
«Le Maroc est un partenaire de choix, qui possède un important tissu industriel. Il s’agit concrètement de partager nos capacités pour renforcer notre sécurité à tous.»
En parallèle, l’AMFS 2026 accueille la Conférence des sous-officiers supérieurs africains (SEL), offrant un cadre propice au partage de solutions innovantes et à l’amélioration des compétences des responsables maritimes africains. Cet événement s’inscrit dans une logique de renforcement des capacités locales et de promotion d’une approche intégrée face aux défis maritimes du continent.



