Le ministre camerounais de la Communication et porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, a confirmé en exclusivité le retour imminent du président Paul Biya dans son pays. Sans fournir de détails supplémentaires, il a balayé d’un revers de main les rumeurs persistantes concernant l’état de santé du Chef de l’État, âgé de 93 ans.
L’absence prolongée du président, parti depuis près de deux mois, alimente les débats au sein de la classe politique et dans l’opinion publique. Alors que Yaoundé reste sans nouvelles officielles précises, son long séjour à l’étranger suscite des interrogations légitimes sur la continuité du pouvoir et la stabilité institutionnelle.
L’opposition exige des clarifications sur la situation du chef de l’État
Plusieurs figures de l’opposition camerounaise ont réclamé une plus grande transparence concernant la santé du président Paul Biya et le fonctionnement des institutions en son absence. Depuis le 21 juillet 2026, des responsables politiques comme Jean-Michel Nintcheu, porte-parole de l’Union démocratique du Cameroun (UDC), ont multiplié les prises de parole pour dénoncer un « vide institutionnel » et appeler à une gestion plus ouverte de la crise.
Ils ont notamment sollicité l’intervention du Conseil constitutionnel pour qu’il se prononce sur une éventuelle vacance du pouvoir. Pour eux, la stabilité de la République ne saurait reposer sur l’opacité ou des hypothèses non fondées. Le camp présidentiel, de son côté, maintient que Paul Biya conserve le contrôle des affaires du pays malgré son éloignement.
Que prévoit la Constitution en cas de vacance du pouvoir au Cameroun ?
L’article 6, alinéa 4, de la Constitution camerounaise encadre strictement la procédure à suivre en cas de vacance du pouvoir. Selon ce texte, si le Conseil constitutionnel constate un décès, une démission ou un empêchement définitif du président, une élection doit être organisée dans un délai compris entre 20 et 120 jours après l’ouverture de la vacance.
En attendant, l’intérim est assuré par le président du Sénat, actuellement Aboubakary Abdoulaye, âgé de 64 ans. En cas d’empêchement de ce dernier, c’est la première vice-présidente du Sénat, Naomie Mikel Bégala épouse Akono, 63 ans, qui prendrait le relais. Le président intérimaire se voit cependant imposer des limites strictes : il ne peut modifier la Constitution, changer la composition du gouvernement, ni organiser un référendum. Il n’est pas non plus éligible pour se présenter à l’élection présidentielle consécutive à la vacance.



