Le Bénin, une révolution agricole en marche depuis 2016
Depuis l’arrivée au pouvoir en 2016, le gouvernement béninois a opéré un virage décisif dans son secteur agricole. En misant sur des subventions ciblées, une mécanisation intensive et une gestion rigoureuse des terres, le pays a connu une hausse spectaculaire de ses productions. Le coton, l’ananas, le maïs et le soja ne sont plus seulement des cultures traditionnelles : ils incarnent désormais le moteur de la croissance nationale et un rempart contre l’insécurité alimentaire.
Des records de production dans toutes les filières stratégiques
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les politiques agricoles ambitieuses portées par le Président Patrice Talon ont propulsé le Bénin vers des sommets inédits. Voici les performances les plus marquantes :
Maïs : l’autosuffisance enfin atteinte
En 2016, la production de maïs stagnait à moins de 1,3 million de tonnes. En 2025, elle atteint 2,5 millions de tonnes, soit plus du double. Avec une consommation interne estimée à 1 million de tonnes, le Bénin est désormais autosuffisant. Un défi persiste cependant : réguler les flux transfrontaliers pour éviter une surabondance qui pourrait faire chuter les prix locaux.
Soja : une industrialisation accélérée
La filière soja illustre la stratégie d’industrialisation du pays. En 2016, elle produisait à peine 140 000 tonnes. En 2022, ce chiffre a triplé, puis quadruplé en 2024-2025 avec 606 016 tonnes. Ces volumes alimentent en priorité les usines de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), tout en ouvrant des opportunités à l’exportation.
Riz : une production multipliée par cinq
Autre symbole de cette transformation : le riz. Avant 2016, la production était de 204 000 tonnes. En 2022, elle a plus que doublé, atteignant 525 000 tonnes. En 2025, le cap du million de tonnes est franchi.
Coton : le fleuron national reste en tête
Le coton, « or blanc » du Bénin, confirme sa domination. En 2015, la production était de 269 000 tonnes. Depuis 2016, elle dépasse systématiquement les 640 000 tonnes par an, avec un pic à 766 273 tonnes en 2021. Le pays vise désormais le million de tonnes, consolidant sa place de premier producteur africain.
Ananas et noix de cajou : des filières en plein essor
L’ananas a vu sa production bondir de 93 %, passant de 244 000 tonnes avant 2016 à 470 000 tonnes en 2022, avec un objectif de 600 000 tonnes prochainement. La noix de cajou, quant à elle, a doublé sa production (+105 %), passant de 91 000 tonnes à 187 000 tonnes en 2023. Le gouvernement soutient activement cette filière en subventionnant les plants certifiés à hauteur de 500 FCFA sur un coût total de 600 FCFA.
110 milliards FCFA injectés pour protéger les intrants
Ces performances exceptionnelles reposent sur un soutien financier massif de l’État. Face à la flambée des prix des engrais et intrants chimiques sur la scène internationale, le gouvernement a mis en place un plan de subventions exceptionnel de 110 milliards de FCFA pour les campagnes 2022-2025. Cette mesure a permis de stabiliser les coûts de production et d’éviter une crise alimentaire.
Mécanisation et gestion de l’eau : la fin de l’agriculture archaïque
La modernisation des infrastructures a été un axe clé de cette transformation. Avant 2016, seulement 6 200 hectares étaient aménagés en zones hydro-agricoles. Aujourd’hui, 25 440 hectares ont été développés dans 67 communes, quadruplant la superficie initiale. À terme, l’objectif est d’atteindre 50 000 hectares pour renforcer la résilience du secteur.
La mécanisation a également pris un essor sans précédent. Avant 2016, moins de 8 % des terres étaient labourées mécaniquement. Grâce à l’introduction de 5 000 kits de tracteurs subventionnés à moitié prix, plus de 400 000 hectares ont été cultivés mécaniquement. Le gouvernement prévoit d’atteindre un taux de mécanisation de 30 % d’ici fin 2026, avec 8 000 kits en activité.
Ce virage vers la modernité s’accompagne d’une formation massive : 6 000 tractoristes et 300 mécaniciens ont été formés pour garantir la pérennité de ces investissements.
Financement restructuré et écologie : les piliers d’une agriculture durable
Le système de financement agricole a été profondément remanié. Le Fonds National de Développement Agricole (FNDA) et le Fonds d’Appui au Développement des Communes (FADeC-Agriculture) ont été restructurés pour mieux soutenir les producteurs. Le FNDA a financé plus de 3 000 projets pour un montant supérieur à 19 milliards de FCFA, tandis que le FADeC-Agriculture a permis de réaliser 330 investissements communaux levant 68 milliards de FCFA.
Sur le plan écologique, la gestion durable des sols a permis de réhabiliter plus de 3 millions d’hectares, améliorant leur fertilité. Les plans d’eau, autrefois pollués, ont été assainis, relançant le secteur halieutique avec une hausse de production de 79 %. Les crevettes béninoises, par exemple, sont aujourd’hui réexportées vers l’Union européenne. Les productions animales suivent la même tendance : la viande a progressé de 53 % et les œufs de 43 %, avec l’ambition de couvrir 75 % des besoins nationaux.
Une agriculture moderne et compétitive sur la scène internationale
En moins de dix ans, le Bénin a réussi à transformer son agriculture en un secteur dynamique et compétitif. Grâce à une territorialisation intelligente des politiques agricoles et à un renforcement des filières stratégiques, le pays a amélioré son accès aux marchés internationaux. L’agriculture n’est plus une activité de subsistance, mais un levier économique puissant.
Le défi désormais ? Maintenir cette dynamique vertueuse et garantir que la richesse créée profite équitablement à chaque acteur des campagnes béninoises. Pour y parvenir, la bonne gouvernance et le contrôle accru des outils de production seront déterminants.



