Un groupe de militaires s’est autoproclamé Comité militaire pour la refondation (CMR) dimanche 7 décembre au petit matin sur les ondes de la télévision publique béninoise. Ces putschistes ont annoncé avoir « démis de ses fonctions » le président Patrice Talon, accusant son régime de dérive autoritaire et de gestion économique contestée. Pourtant, selon les autorités béninoises, le chef de l’État reste en sécurité et les forces armées légales ont repris le contrôle de la situation.
une tentative de putsch rapidement maîtrisée par l’armée régulière
Peu après l’annonce des militaires rebelles, une source proche de la présidence a démenti toute prise de pouvoir. « Il ne s’agit que d’un groupuscule sans assise réelle, qui a tenté de s’emparer des médias publics. L’armée nationale, elle, contrôle désormais pleinement la situation. La ville de Cotonou et l’ensemble du pays sont sécurisés », a-t-elle déclaré. Une autre source militaire a confirmé que « les putschistes n’ont réussi à contrôler ni la résidence présidentielle ni les institutions stratégiques. Leur action est en passe d’être neutralisée ».
L’ambassade de France au Bénin a également réagi en signalant des « échanges de tirs à proximité du palais présidentiel » à Cotonou. Elle a invité les ressortissants français à rester chez eux « par précaution » en attendant la stabilisation de la situation.
blocages localisés et reprise progressive de l’ordre
Les accès à plusieurs lieux stratégiques, dont la télévision nationale, la présidence et des zones abritant des institutions internationales, ont été temporairement interdits. Un journaliste sur place a confirmé que des militaires contrôlaient ces points névralgiques, tandis que l’aéroport et la majorité de la ville fonctionnaient normalement. La population, bien que surprise, vaquait à ses occupations habituelles.
contexte politique et défis sécuritaires du Bénin
Le Bénin, souvent cité comme un modèle de stabilité en Afrique de l’Ouest, fait face à une montée des violences djihadistes dans sa région septentrionale. Le pays, dont l’économie affiche une croissance soutenue, doit organiser en avril 2026 un scrutin présidentiel après lequel Patrice Talon devra quitter le pouvoir, conformément à la limite constitutionnelle de deux mandats. Son régime est critiqué pour son autoritarisme croissant, malgré les avancées économiques.
Cette tentative de coup d’État s’inscrit dans un contexte régional marqué par une série de putschs au Mali, Burkina Faso, Niger, Guinée et Guinée-Bissau depuis 2020. Le Bénin, jusqu’ici épargné par cette vague, démontre la fragilité des démocraties ouest-africaines face aux tensions politiques et sécuritaires.



