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Procès martinez zogo : une vidéo glaçante projetée à Yaoundé

Le procès de l’assassinat de Martinez Zogo, figure emblématique de la radio camerounaise, a marqué un tournant ce lundi 1er juin 2026 à Yaoundé. Une vidéo inédite, retrouvée dans les données d’un accusé, a été projetée en audience. Elle montre l’animateur ensanglanté, les bras liés dans le dos, implorant désespérément de l’aide. Les images, d’une violence inouïe, ont bouleversé l’assistance.

Ce nouveau rebondissement survient alors que le procès, toujours en cours devant le tribunal militaire de Yaoundé, s’attache à faire la lumière sur les circonstances de l’enlèvement et de la mort de Martinez Zogo. L’animateur de l’émission « Embouteillages » sur Amplitudes FM, connu pour ses critiques acerbes envers les personnalités publiques, avait été retrouvé sans vie le 22 janvier 2023, à seulement 25 kilomètres de la capitale. Son corps portait les stigmates d’une violence extrême.

L’audience de ce jour a été marquée par le témoignage de l’expert en informatique Georges Bell Bitjocka. Chargé d’analyser les données des téléphones des accusés, il a révélé les éléments accablants découverts dans les appareils. Parmi eux, des captures d’écran et surtout une vidéo de torture, jamais rendue publique jusqu’alors. Cette séquence, d’une durée de quelques minutes, montre Martinez Zogo ligoté, le visage ensanglanté, tandis qu’il tente de négocier sa survie.

Des images qui ont glacé la salle

La diffusion de cette vidéo a provoqué une vive émotion dans la salle d’audience. Plusieurs personnes présentes n’ont pu retenir leurs larmes face à l’horreur des images. Ludovic Zabze, avocat de la radio Amplitudes FM, a partagé son ressenti : « Juste à la fin de la vidéo, j’ai détourné le regard. En observant les accusés, j’ai remarqué leur désarroi. L’impact émotionnel est tout simplement dévastateur. »

Cette vidéo, retrouvée dans le compte Google de Godje Oumarou, l’un des membres du commando présumé, ajoute une dimension supplémentaire à l’affaire. Elle révèle une mise en scène macabre, où les bourreaux ont cru bon de filmer leur victime jusqu’à ses derniers instants.

Les échanges entre les accusés, notamment ceux interceptés entre Godje Oumarou et Justin Danwe, directeur des opérations à la DGRE (Direction générale de la Recherche extérieure), ont également été évoqués. Dans l’une de ces conversations, datée du 17 janvier 2023, Danwe aurait ordonné à Oumarou de « prendre les images de la souris », une expression utilisée pour désigner Martinez Zogo.

Le procès a également permis d’entendre les avocats des parties.

Maître Séri Zokou, avocat de Maxime Eko Eko, ancien directeur général de la DGRE, a tenu à préciser : « Aucun lien direct n’existe entre mon client et les faits reprochés. Concernant le téléphone, les éléments ont été transmis à la commission mixte d’enquête, puis au juge d’instruction. Rien ne relie mon client à cette affaire. »

De son côté, maître Calvin Job, représentant les ayants droit de Martinez Zogo, a souligné l’importance du rapport de l’expert : « Si le tribunal s’appuie sur ce document, il aura déjà accompli 98 % de sa mission. »

Les accusés : un panel de personnalités influentes

Parmi les 17 accusés renvoyés devant le tribunal militaire, figurent des noms qui pèsent dans l’appareil sécuritaire et médiatique camerounais. Léopold Maxime Eko Eko, ancien patron de la DGRE, le lieutenant-colonel Justin Danwe, ancien directeur des opérations de la DGRE, Jean-Pierre Amougou Belinga, patron du groupe de presse l’Anecdote, et Stéphane Martin Savom, maire de Bibey, sont tous détenus depuis plusieurs années.

Le procès, initialement ouvert le 25 mars 2024, a véritablement pris son essor le 1er septembre 2025, après des mois de blocages procéduraux. Il s’agit d’un dossier complexe, mêlant enlèvement, séquestration, torture et assassinat, où chaque détail compte pour établir la vérité.

L’affaire Martinez Zogo, symbole de la lutte pour la liberté d’expression au Cameroun, continue de secouer l’opinion publique. Les révélations de cette journée pourraient bien relancer les débats sur la protection des journalistes et la lutte contre l’impunité dans le pays.