présidence Paul Biya à distance : la Suisse, nouveau cœur du pouvoir camerounais ?
Depuis le début du mois de juin, la Suisse est devenue le théâtre d’un phénomène politique inédit. Le président Paul Biya, au pouvoir depuis quarante-trois ans, y séjourne depuis plus de soixante-cinq jours. Une absence prolongée qui interroge sur la gestion du Cameroun à distance et ravive les spéculations.
La question se pose : Genève serait-elle devenue le véritable centre de décision du Cameroun ? Une hypothèse qui suscite autant de curiosité que d’inquiétude au sein de la classe politique et de la société civile.
Une absence prolongée sans précédent
Le 7 juin marque le début d’une période d’absence exceptionnelle pour Paul Biya. À plus de soixante-cinq jours de son départ, les Camerounais s’interrogent sur les raisons de cette présence prolongée en Suisse. Les autorités officielles assurent que le président continue d’exercer ses fonctions, mais les preuves concrètes de cette gouvernance à distance font défaut.
Dans les rues de Yaoundé comme dans les cercles politiques, les questions fusent. Certains citoyens, sceptiques, se demandent même si le chef de l’État est toujours en vie. Une rumeur infondée, mais qui en dit long sur le climat de méfiance qui s’installe.
Silence officiel et critiques de l’opposition
Les autorités camerounaises multiplient les communiqués pour rassurer la population. Pourtant, le mutisme entourant la santé et les activités du président alimente les doutes. L’opposition, elle, ne se prive pas de critiquer cette gouvernance à distance, jugée opaque et antidémocratique.
Les décrets signés depuis Genève, les réunions tenues hors des frontières nationales, tout concourt à donner l’impression d’un pouvoir déconnecté des réalités locales. Les opposants y voient une preuve supplémentaire de l’affaiblissement du système en place.
Quelles conséquences pour le Cameroun ?
La situation actuelle soulève des interrogations sur la stabilité du pays. Comment un État peut-il fonctionner efficacement lorsque son leader est absent pendant des semaines, voire des mois ? Les institutions, déjà fragilisées, peinent à maintenir leur légitimité.
Les Camerounais, habitués à une présidence forte et centralisée, assistent à un spectacle inédit. Les spéculations sur une possible transition, ou même sur l’incapacité du président à gouverner, se multiplient. Une chose est sûre : cette absence prolongée laisse planer un flou qui ne profite à personne.
Dans ce contexte, la question de la succession s’impose avec une urgence nouvelle. Les acteurs politiques, les partenaires internationaux et la population attendent des réponses. Mais à Genève, le silence persiste.



