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Paix en francophonie : comment la société civile à Cotonou peut-elle faire basculer les priorités ?

La société civile francophone peut-elle vraiment redéfinir les contours de la paix avant le prochain sommet international ? C’est la question cruciale posée par la 16ᵉ Assemblée plénière de la Conférence des organisations internationales non gouvernementales (COING) de la Francophonie, réunie les 28 et 29 septembre 2026 à Cotonou. Pendant deux jours, les acteurs du terrain ont uni leurs forces pour esquisser une feuille de route 2026-2028, bien avant le 20ᵉ Sommet de la Francophonie prévu au Cambodge en novembre. Leur objectif : transformer des principes abstraits en actions concrètes, au service des citoyens et des territoires.

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Une rencontre historique sous le signe de la paix durable et de la résilience

Placée sous le thème « Réinvestir dans la paix : mobiliser la société civile francophone pour une prospérité partagée, des territoires résilients et une stabilité durable », cette Assemblée ne se contente pas de réaffirmer des valeurs. Elle exige une refonte des priorités pour que la paix ne se limite plus à l’absence de conflits armés. Pour les participants, la stabilité passe par une justice sociale effective, un accès universel aux services de base, des mécanismes de médiation renforcés et une résilience collective face aux crises économiques et sécuritaires. Une vision ambitieuse, mais nécessaire pour répondre aux défis des États membres.

L’appel pressant à une gouvernance inclusive et participative

L’un des messages forts de cette Assemblée est l’urgence d’une coopération tripartite entre les États, les parlementaires et les organisations non gouvernementales. Les acteurs de terrain, souvent les plus proches des réalités des populations, réclament une place centrale dans les processus décisionnels. Leur ambition ? Que les recommandations issues des communautés deviennent des politiques publiques tangibles. Cette mobilisation citoyenne vise à combler le fossé entre les discours et les actes, en garantissant que les voix des citoyens soient entendues au plus haut niveau.

Pourquoi l’implication de la société civile est-elle indispensable ?

Sans une participation active des citoyens et de leurs représentants, les engagements pris au niveau international risquent de rester lettre morte. Les participants à Cotonou rappellent que la paix se construit au quotidien, notamment dans les zones les plus fragilisées. Leur message est clair : l’avenir de la Francophonie ne peut reposer uniquement sur les gouvernements et les institutions. Il doit aussi s’appuyer sur une mobilisation citoyenne forte et structurée.

Une feuille de route 2026-2028 pour une COING plus opérationnelle

Pour concrétiser ces ambitions, la société civile francophone a défini trois priorités stratégiques, destinées à rendre la COING plus efficace et impactante :

  • Consolider les réseaux : Structurer les synergies entre les ONG francophones pour renforcer leur impact collectif.
  • Mobiliser des ressources : Développer des partenariats stratégiques, tant financiers que techniques, pour soutenir les initiatives locales.
  • Mesurer l’impact : Mettre en place des mécanismes de suivi rigoureux pour évaluer concrètement les retombées des actions menées sur le terrain.

Le Bénin, hôte clé d’un tournant francophone

En accueillant cette Assemblée majeure, Cotonou s’impose non seulement comme une capitale diplomatique, mais aussi comme un laboratoire de solutions innovantes pour la paix. Le Bénin, par son engagement historique au sein de la Francophonie, incarne cette volonté de faire des citoyens des acteurs centraux des décisions. À quelques semaines du Sommet de Phnom Penh, le message lancé depuis le Bénin est sans ambiguïté : la paix ne sera durable que si elle s’appuie sur des actions concertées, inclusives et ancrées dans les réalités des territoires.

Alors que les délégations se préparent pour le grand rendez-vous du Cambodge, une question persiste : ces engagements pris à Cotonou suffiront-ils à faire évoluer les priorités de la Francophonie ? Une chose est sûre : sans la société civile, le chemin vers une paix véritable et résiliente restera semé d’embûches.

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Ousmane Haïdara
Politique et sécurité