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Passeport AES : avancement contrasté dans l’alliance du Sahel

Passeport AES : où en est le déploiement dans l’Alliance des États du Sahel ?

L’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, a lancé officiellement son passeport biométrique pour succéder à celui de la Cédéao. Pourtant, son adoption varie considérablement d’un pays à l’autre.

Objectif affiché : renforcer l’intégration régionale et marquer une rupture symbolique avec les institutions ouest-africaines historiques. Mais dans les faits, le processus peine à se généraliser, notamment au Niger.

Manifestation en faveur de l’Alliance des États du Sahel avec une pancarte à l’effigie du passeport AES

Le passeport AES encore absent au Niger malgré son lancement

Au Niger, le passeport biométrique de l’AES n’est toujours pas disponible pour les citoyens. Plusieurs Nigériens interrogés confirment que les services administratifs continuent de délivrer des passeports estampillés Cédéao, conformément aux anciennes procédures.

Une source anonyme témoigne : « J’ai renouvelé mon passeport pour un voyage à la Mecque. À ma grande surprise, j’ai reçu un document Cédéao. Pourquoi l’AES n’est-il pas encore en circulation ? »*

Le général Abdourahamane Tiani, chef de l’État nigérien, a bien lancé en mars 2025 la production de la carte d’identité biométrique AES. Pourtant, le passeport biométrique reste introuvable, malgré l’attribution du projet à la société libyenne Alitisal Aljadeed.

Cette situation suscite de vives discussions sur les réseaux sociaux, où les citoyens s’interrogent sur les retards persistants.

À noter : les anciens passeports Cédéao restent valides jusqu’à leur expiration. Une période transitoire qui pourrait s’étendre encore plusieurs mois.

Burkina Faso et Mali : le passeport AES déjà en circulation

Dans les deux autres pays de l’AES, le déploiement s’accélère. Au Burkina Faso, les demandeurs obtiennent désormais des passeports et cartes d’identité biométriques estampillés AES dès leur première demande.

Au Mali, après quelques ajustements initiaux (notamment concernant la reconnaissance du document à l’étranger), le passeport AES est désormais accepté sans difficulté. Un Malien vivant en France confirme avoir reçu un document biométrique AES lors de son renouvellement consulaire : « Le processus s’est déroulé comme avant, mais le passeport obtenu porte désormais les symboles de l’AES. J’ai voyagé au Mali sans aucun problème. »*

Un document biométrique au service de la souveraineté régionale

Le passeport AES se distingue par sa conformité aux normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Il intègre une puce électronique et une page en polycarbonate pour renforcer la sécurité et lutter contre les fraudes.

Ce projet s’inscrit dans une volonté de souveraineté retrouvée pour les trois pays, après leur retrait de la Cédéao. Une nouvelle carte nationale d’identité biométrique (CNIB-AES) est également en cours de déploiement depuis 2026 pour remplacer progressivement les anciens documents.

Pour l’instant, la transition reste inégale entre les pays membres de l’AES. Si le Burkina Faso et le Mali affichent une adoption rapide, le Niger peine à suivre le rythme.