Politique

Ousmane Sonko dénonce les zones d’ombre de l’accord FMI-Sénégal

Ousmane Sonko dénonce les zones d’ombre de l’accord FMI-Sénégal

Ousmane Sonko - Président de l'Assemblée nationale

Le président de l’Assemblée nationale sénégalaise, Ousmane Sonko, a pris position avec fermeté sur le nouvel accord conclu entre le Fonds monétaire international (FMI) et le gouvernement du Sénégal. Dans une prise de parole publique, il alerte sur l’absence de transparence autour des engagements souscrits par Dakar.

Un protocole d’entente d’une valeur de plus de 2 milliards de dollars, soit environ 1 245 milliards de francs CFA, a été annoncé pour soutenir les finances publiques sénégalaises. Pourtant, les détails concrets de cet arrangement restent flous. Ousmane Sonko, qui avait déjà révélé l’existence d’une dette dissimulée ayant conduit à la suspension du programme du FMI en 2024, revient une fois de plus sur ce sujet.

Il précise : « Les communications successives du FMI et du gouvernement sénégalais évoquent un accord technique, mais celui-ci ne sera définitivement validé qu’après examen par le conseil d’administration du Fonds. »

Les questions sans réponses de l’accord FMI-Sénégal

L’annonce officielle reste évasive sur plusieurs points essentiels. Ousmane Sonko souligne l’opacité des négociations et formule des interrogations majeures :
  • Quels engagements concrets le Sénégal a-t-il pris concernant le traitement de sa dette ?
  • Quelles réformes précises sont prévues pour garantir la viabilité des finances publiques ?
  • Comment seront protégées les populations vulnérables ?
  • Quelles mesures sont envisagées pour renforcer la mobilisation des ressources internes et rationaliser les dépenses ?
  • Quel rôle joueront les audits internationaux de la dette, exigés dans le cadre de cet accord ?

« Ces engagements engagent tous les Sénégalais, qui en subiront seuls les conséquences aujourd’hui et demain », souligne le président de l’Assemblée nationale.

Une demande de transparence absolue

Ousmane Sonko, ayant participé aux discussions initiales, met en garde contre la répétition des erreurs du passé. Il exige une transparence totale et formule deux demandes précises au gouvernement :

  • Rendre public le mémorandum de politiques économiques et financières, document clé validé par les deux parties ;
  • À défaut, transmettre ce document à l’Assemblée nationale, garante de la représentation populaire.

Les orientations majeures de ces engagements seront intégrées dans une éventuelle loi de finances rectificative ou dans le projet de loi de finances pour 2027, prévu pour octobre 2026. « Le débat aura lieu », assure-t-il.