Ousmane Sonko dénonce le retour des anciennes pratiques au pouvoir

Au cœur d’un rassemblement militant à Dahra Djoloff, Ousmane Sonko a livré un discours sans concession sur l’évolution du système politique sénégalais. Le président de l’Assemblée nationale a pointé du doigt ce qu’il qualifie de « réorganisation des mécanismes du pouvoir », évoquant une dérive préoccupante.
Samedi dernier, lors d’un meeting organisé dans la localité de Dahra Djoloff, Ousmane Sonko a dressé un bilan amer de la situation politique actuelle. Face à une foule de militants particulièrement engagés, il a mis en lumière ce qu’il présente comme une trahison des engagements pris par certains responsables de son parti, le Pastef. Selon lui, l’idéal de rupture avec les pratiques du passé, au cœur de la campagne, semble s’effriter sous les pressions du système.
« Ce n’est pas une question de personnes, mais bien de respect des promesses faites au peuple sénégalais. Transparence, bonne gouvernance, reddition des comptes, justice équitable et renégociation des ressources naturelles : ces principes fondateurs de notre projet initial sont aujourd’hui menacés », a-t-il déclaré, énumérant les piliers de ce qu’il considère comme une dérive préoccupante.
Un système qui s’est réinventé au Palais
L’élément le plus marquant de son intervention a porté sur la réorganisation du pouvoir au sommet de l’État. Ousmane Sonko a dénoncé un retour en arrière déguisé en modernité : « Le même système qui nous a tant combattus s’est réorganisé au Palais pour trahir notre vision et s’enfermer dans ses anciennes habitudes ». Une affirmation qui résonne comme un avertissement pour les citoyens sénégalais.
Il a particulièrement pointé du doigt la relation entre le pouvoir et les institutions. « Aujourd’hui, le président Diomaye Faye dispose des institutions, mais il n’a pas la légitimité populaire. En démocratie, le seul souverain reste le peuple, pas les structures administratives. Un pouvoir sans ancrage populaire sera tenté de s’appuyer sur l’appareil d’État pour se maintenir », a-t-il souligné, mettant en garde contre une dérive autoritaire.
Des manœuvres inquiétantes sur les hautes juridictions
Ousmane Sonko a également alerté sur une tentative de contrôle des plus hautes instances judiciaires. Selon ses déclarations, des manœuvres seraient en cours pour instrumentaliser la Cour suprême et le Conseil constitutionnel. « Ils cherchent à mettre ces institutions à leur service », a-t-il affirmé, dénonçant une atteinte directe à l’indépendance de la justice. Une situation qui, selon lui, illustre concrètement cette réorganisation du système six ans après l’alternance politique promise par le camp au pouvoir.



