Depuis le coup d’État de juillet 2023, le régime dirigé par le général Abdourahamane Tiani mène une lutte sans relâche contre les factions armées qui menacent la stabilité du Niger. Pour consolider cette stratégie, les autorités ont dévoilé un projet ambitieux de réorganisation territoriale visant à transformer radicalement la carte administrative du pays.
Lors d’une réunion tenue à Niamey en mai 2026, le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire a soumis aux conseillers du Conseil consultatif de la Refondation (CCR) un plan de redécoupage prévoyant le passage de 8 à 19 régions administratives et de 63 à 82 départements. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une politique de refondation nationale portée par le général Tiani et son ministre de l’Intérieur, le général Mohamed Toumba.
Un maillage territorial repensé pour une meilleure couverture sécuritaire
L’objectif principal de cette réforme est de mieux répartir les forces de l’État et de renforcer leur présence dans les zones les plus exposées aux attaques djihadistes. Les grandes régions actuelles seraient fragmentées pour créer des entités plus petites et plus maniables. Ainsi, les régions de Maradi, Zinder et Tahoua seraient chacune divisées en trois nouvelles régions, tandis que Tillabéri, Agadez et Diffa seraient scindées en deux. La capitale, Niamey, bénéficierait quant à elle d’une restructuration en deux départements distincts.
Le nombre de communes passerait quant à lui à 255, afin d’optimiser l’accès aux services publics et de réduire les distances entre les administrés et les centres décisionnels. Le général Toumba avait d’ailleurs évoqué cette réforme dès avril 2026 lors d’une intervention télévisée, soulignant son rôle clé dans la densification du dispositif sécuritaire national.
Des défis logistiques et des oppositions locales
Malgré les intentions affichées, ce projet suscite des réticences dans certaines zones. À l’est du pays, la création d’une nouvelle région nommée Komadougou, dont le chef-lieu serait situé à Diffa, est contestée par les habitants de Nguigmi. Ces derniers estiment que leur département devrait être érigé en région à part entière et que le nom proposé ne reflète pas les réalités géographiques locales, en particulier celles liées au Lac Tchad.
Dans la partie occidentale du Niger, des critiques émanent également du département de Say. Certains observateurs craignent que la nouvelle organisation territoriale ne rallonge les trajets pour une partie de la population, à l’encontre de l’argument officiel visant à rapprocher les services de l’État des citoyens.
Par ailleurs, les coûts liés à la mise en œuvre de cette réforme — incluant la création de nouveaux gouvernorats, l’aménagement d’infrastructures administratives et les recrutements associés — n’ont pas encore été communiqués. Le texte reste pour l’instant à l’état de proposition et devra faire l’objet de consultations approfondies au sein du CCR avant d’être définitivement adopté par les autorités de transition.



