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Mauvaise surprise pour l’état islamique au Sahel : un chef éliminé par ses rivaux

Un responsable de premier plan de l’État islamique au Sahel (EIS), connu sous le nom d’Abou Zeid Al-Burkinabi, a trouvé la mort le 17 août 2026 dans la province du Séno, au Burkina Faso. Contrairement aux informations relayées par certains médias et sources officielles, ce n’est pas l’armée burkinabè qui l’a neutralisé, mais des combats acharnés l’opposant à son rival, le Jama’at Nasr al-Islam wal-Muslimin (JNIM), lié à Al-Qaïda. Cet événement révèle l’intensité des luttes internes qui déchirent la mouvance jihadiste au Sahel.

Un revers stratégique pour l’État islamique au Sahel

Cette disparition représente un coup dur pour l’EIS, déjà affaibli par la pression militaire et les tensions avec le JNIM. Selon des informations recueillies sur le terrain, Abou Zeid Al-Burkinabi, figure majeure du groupe, n’a pas été tué lors d’une opération militaire, mais lors d’affrontements meurtriers dans les localités de Bangao et Dorkoye, situées dans le nord-est du pays. Ces zones frontalières avec le Niger sont depuis des années un foyer de l’insurrection armée.

Un profil redoutable au sein de l’EIS

Originaire du Burkina Faso, Abou Zeid Al-Burkinabi s’était imposé comme l’un des cadres les plus influents de l’EIS dans la région des trois frontières (Burkina Faso, Mali, Niger). Son expertise du terrain et son réseau de recrutement dans le Séno en faisaient un acteur clé pour l’expansion du groupe. En tant que commandant de zone, il orchestrait des attaques contre les forces de sécurité, des intimidations envers les civils et des prélèvements forcés de zakat pour financer les activités du groupe. Sa mort prive l’EIS d’un élément central de sa chaîne de commandement.

La guerre des récits autour de sa disparition

Dès l’annonce de sa mort, une bataille de communication s’est engagée. Plusieurs canaux pro-gouvernementaux ont rapidement attribué sa neutralisation à une frappe aérienne ou à une embuscade menée par les Forces de défense et de sécurité (FDS) burkinabè, éventuellement appuyées par les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Ces récits visaient à valoriser l’efficacité des forces locales, mais les détails recueillis par des sources indépendantes et des canaux rivaux ont confirmé que l’armée n’avait pas été impliquée directement. Abou Zeid Al-Burkinabi a bel et bien été tué lors d’affrontements internes entre groupes jihadistes.

JNIM contre EIS : une rivalité aux conséquences meurtrières

Les combats de Bangao et Dorkoye s’inscrivent dans un conflit larvé entre le JNIM et l’EIS, qui oppose deux visions radicales du jihadisme. Bien que partageant des objectifs communs, ces groupes se distinguent par des méthodes et des stratégies radicalement différentes :

  • Approche idéologique : Le JNIM, fidèle à Al-Qaïda, privilégie une stratégie d’implantation locale, parfois en négociant avec des leaders communautaires. L’EIS, en revanche, applique une doctrine ultra-violente, marquée par le takfirisme et des massacres ciblant les civils.
  • Lutte pour le contrôle des ressources : Les deux groupes se disputent les zones de contrebande, les mines d’or artisanales et les axes de transhumance, essentielles pour leur financement.
  • Historique des affrontements : Depuis 2019, les combats entre les deux factions ont pris une ampleur alarmante, notamment dans le Gourma malien et la région du Liptako, avec des centaines de morts. En 2022 et 2023, les affrontements dans la région de Ménaka et le nord du Burkina Faso ont atteint une intensité proche de batailles rangées.

Un impact limité sur la sécurité des populations

L’élimination d’Abou Zeid Al-Burkinabi par le JNIM pourrait temporairement affaiblir l’EIS dans la province du Séno. Cependant, cette victoire relative pour le JNIM ne se traduit pas par une amélioration de la sécurité pour les civils. Au contraire, les populations locales subissent les conséquences des représailles croisées entre les deux groupes, ainsi que d’un climat d’insécurité permanent. La mort d’un cadre terroriste par ses rivaux illustre la complexité du paysage sécuritaire au Sahel, où l’affaiblissement d’un ennemi profite souvent à un autre tout aussi dangereux.

Cet événement rappelle que la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso ne se résume pas à des opérations militaires classiques. Les fractures internes au sein des groupes jihadistes jouent un rôle tout aussi déterminant dans l’évolution de la menace. Pour les observateurs et les acteurs locaux, suivre ces dynamiques internes reste essentiel pour anticiper les prochaines étapes de ce conflit aux multiples facettes.