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Mali : semaine anti-corruption 2025, une mobilisation historique pour la jeunesse et l’intégrité

Mali la semaine anti corruption 2025 placee sous le signe de la jeunesse et de la rigueur judiciaire

La Semaine Nationale de Lutte contre la Corruption au Mali, édition 2025, a été lancée officiellement le 9 décembre 2025 à Bamako par le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Mamoudou Kassogué. Cet événement annuel, dédié à la sensibilisation du public, a choisi de conserver le thème de l’année précédente : « S’unir avec la jeunesse contre la corruption : former l’intégrité de demain ».

Une lutte prioritaire pour la Transition au Mali

Le lancement de cette semaine coïncide avec la volonté affirmée des plus Hautes Autorités de la Transition, dont le Général d’armée Assimi Goïta, de mener une bataille « implacable et irréversible » contre ce fléau. Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large de refondation de l’État, exigeant un changement profond dans la gestion des affaires publiques et l’émergence d’une citoyenneté fondée sur l’intégrité et le patriotisme.

La jeunesse malienne, acteur clé de la lutte

Le thème de cette édition met en avant le rôle central de la jeunesse malienne, appelée à devenir le moteur du changement. Le ministre Mamoudou Kassogué a salué la mobilisation significative des mouvements de jeunes autour de cette cause, soulignant leur importance dans la construction d’une société plus intègre.

Renforcement de la réponse judiciaire contre la corruption

Le Ministère de la Justice du Mali réaffirme sa détermination à mener des réformes judiciaires pour améliorer l’efficacité de la lutte contre les délits économiques et financiers. Plusieurs dispositifs ont été mis en avant :

  • Pôle National Économique et Financier (PNEF) : Ce pôle se concentre sur la poursuite des délinquants financiers grâce à des méthodes et outils modernes.

  • Agence de Recouvrement et de Gestion des Avoirs Saisis ou Confisqués (ARGASC) : Son objectif est de récupérer les sommes et biens colossaux détournés du patrimoine national.

Un levier dissuasif renforcé : « L’action conjointe du PNEF et de l’ARGASC permettra d’amplifier l’effet dissuasif contre la corruption et la délinquance économique, en privant les auteurs de leurs gains illicites. »

Nouveautés du Code pénal pour une justice plus efficace

De nouvelles dispositions légales ont été introduites pour renforcer l’action judiciaire, notamment :

  • L’imprescriptibilité des infractions criminelles en matière de délinquance économique et financière liée aux biens publics.

  • La suppression des privilèges et immunités des parlementaires dans les affaires de corruption.

  • Un renforcement de la protection des lanceurs d’alerte, témoins, experts et victimes.

Des outils modernes pour moderniser la lutte

Plusieurs initiatives technologiques et logistiques sont en cours de déploiement pour optimiser la lutte contre la corruption au Mali :

  • La ligne verte gratuite « Binkani Kunafoni » (3611), accessible à tous pour signaler les actes de corruption.

  • L’imminente mise en service de la plateforme informatique de la justice, après une phase de test concluante, pour faciliter la dématérialisation des dossiers judiciaires et réduire les pratiques corruptives.

Coordination renforcée entre les institutions publiques

Le ministre Mamoudou Kassogué a insisté sur la nécessité d’une collaboration accrue entre les différentes structures étatiques aux missions complémentaires, dont :

  • L’Office central de Lutte contre l’Enrichissement illicite (OCLEI).

  • Le Bureau du Vérificateur général (BVG).

  • La Cour des comptes, issue de la réforme constitutionnelle de 2023.

Une plateforme de concertation et de coordination entre ces entités est en cours de finalisation pour une action unifiée et plus efficace.