Les jihadistes du Jnim imposent leur loi sur les sites aurifères malien
Au cœur du Sahel, les groupes armés liés au terrorisme islamique ont trouvé une nouvelle source de revenus : l’orpaillage. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à Al-Qaïda, s’est imposé comme un acteur redoutable sur les sites miniers du Mali, notamment dans les régions de Kidal et Gao. Leur méthode ? Une stratégie d’extorsion systématique ciblant les entreprises étrangères, en particulier les sociétés chinoises exploitant ces gisements aurifères.
Un système de rançon organisé par les jihadistes
Les orpailleurs chinois, attirés par le potentiel économique de l’or malien, paient désormais une tribut imposée par le Jnim pour continuer leurs activités. Ce prélèvement forcé, déguisé en « protection », s’élève à des millions de dollars chaque année. Les jihadistes justifient cette pratique par leur contrôle territorial et leur capacité à « sécuriser » les zones d’exploitation — un argument fallacieux qui masque en réalité une logique de financement du terrorisme.
Les rapports locaux confirment que ces fonds servent ensuite à acheter des armes, recruter des combattants et organiser des attaques contre les forces de sécurité maliennes et internationales. Une boucle infernale où l’économie légale et illégale s’entremêlent dangereusement.
Les conséquences pour le Mali et ses partenaires
Cette emprise jihadiste sur les ressources naturelles aggrave la crise sécuritaire dans le pays. Les autorités maliennes, déjà fragilisées, peinent à endiguer ce phénomène. Quant aux investisseurs étrangers, notamment chinois, ils doivent désormais négocier avec des groupes terroristes pour poursuivre leurs activités — un paradoxe qui illustre l’étendue de la menace.
Les communautés locales, prises en étau entre les jihadistes et l’État, subissent de plein fouet les conséquences de cette économie de la prédation. Les exploitations artisanales sont régulièrement pillées, et les populations locales, souvent contraintes de payer un « impôt de guerre », voient leur quotidien se dégrader.
Des réactions internationales limitées
Face à cette situation, les partenaires du Mali, notamment en Afrique et en Asie, adoptent une posture discrète. Les sanctions économiques contre le Jnim restent difficiles à mettre en œuvre, faute de coordination internationale suffisante. Pourtant, l’enjeu dépasse les frontières maliennes : c’est l’ensemble de la stabilité du Sahel qui est menacé par cette économie de guerre.
Les experts en sécurité alertent sur l’urgence d’une réponse coordonnée. Sans une action forte contre le financement du terrorisme via l’orpaillage, les groupes jihadistes continueront de prospérer, transformant le Mali en un laboratoire de l’insécurité régionale.



