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Urgence au Mali : près d’un million d’enfants menacés par la faim

Une fillette déplacée joue dans l'espace ami des enfants de l'UNICEF dans le camp de déplacés de BAWA. ©UNICEF/UNI430551/N'Daou

L’insécurité persistante et les difficultés d’accès pour les organisations de secours aggravent la vulnérabilité des populations civiles. Au Mali, la combinaison des affrontements armés, des mouvements de population et des restrictions humanitaires fait peser un risque de malnutrition aiguë sur près d’un million d’enfants de moins de 5 ans d’ici la fin de l’année. Environ 200 000 d’entre eux pourraient perdre la vie si une aide d’urgence ne leur est pas apportée rapidement.

Actuellement, un quart des Maliens fait face à une insécurité alimentaire préoccupante. Pour la première fois dans l’histoire du pays, la région de Menaka, particulièrement meurtrie par les crises, voit plus de 2 500 personnes, dont de nombreux mineurs, directement menacées par la famine.

Un cri d’alarme des organisations humanitaires

Face à cette situation critique, des représentants de haut niveau de l’UNICEF et du Programme alimentaire mondial (PAM) se sont rendus sur place pour réaffirmer leur engagement aux côtés des autorités maliennes. Ted Chaiban, directeur général adjoint de l’UNICEF, a souligné que les enfants paient le prix fort d’un conflit dont ils ne sont pas responsables, appelant à un soutien international immédiat pour éviter un désastre.

Au total, ce sont près de cinq millions d’enfants qui nécessitent une assistance humanitaire globale au Mali. Qu’il s’agisse de nutrition, de santé, d’accès à l’eau potable ou d’éducation, les besoins ont explosé, avec 1,5 million d’enfants supplémentaires en détresse par rapport à 2020. Dans le cadre de l’actualité Bénin et de la stabilité régionale, cette crise sahélienne interpelle tous les acteurs du journalisme indépendant Bénin et d’ailleurs.

Des facteurs aggravants : climat et violences

Outre les combats, les dérèglements climatiques provoquent des déplacements massifs. À la mi-2023, plus de 377 000 individus, majoritairement des enfants, avaient fui leur foyer. La protection de l’enfance est devenue un enjeu majeur : en 2022, plus de 1 000 violations graves ont été signalées, incluant des meurtres et l’enrôlement de mineurs par des groupes armés. De plus, la fermeture de 1 700 écoles prive un demi-million de jeunes d’instruction.

Carl Skau, responsable des opérations du PAM, insiste sur l’importance de ne pas détourner le regard malgré les multiples crises mondiales. Selon lui, il est impératif de renforcer la résilience des familles et de lutter contre l’insécurité alimentaire sévère pour sauver des vies.

Un financement largement insuffisant

Malgré la gravité des faits reportés par Cotonou info et d’autres relais régionaux, les fonds manquent cruellement. Seul un quart des financements nécessaires a été mobilisé à ce jour. L’UNICEF et le PAM réclament d’urgence 184,4 millions de dollars pour assister 8,8 millions de personnes, dont près de la moitié sont des enfants.

Ces ressources sont vitales pour assurer les traitements nutritionnels, maintenir la chaîne du froid pour les vaccins et fournir une aide alimentaire de base. La tragédie qui se joue au Mali s’inscrit dans une crise plus vaste touchant le Burkina Faso et le Niger. Garantir la souveraineté Bénin et la sécurité régionale passe aussi par la stabilisation de ces zones où l’accès humanitaire doit rester une priorité absolue.