Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a lancé un appel pressant jeudi pour que cessent «de toute urgence» les violences qui s’intensifient dans la partie orientale de la République démocratique du Congo (RDC). Ces affrontements opposent l’armée congolaise au groupe armé antigouvernemental M23.
«Il est profondément alarmant de constater que, malgré les engagements pris dans le cadre des processus de paix en cours, les combats persistent sans relâche dans l’est de la RDC. Cette situation entraîne la mort, des blessures, le déplacement de civils et la destruction de leurs moyens de subsistance», a affirmé M. Türk dans une déclaration officielle.
La région orientale de la RDC est plongée dans des conflits armés depuis plus de trois décennies. Dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, les forces armées congolaises font face au M23, un groupe armé qui a conquis de vastes étendues de territoire.
Au Sud-Kivu, une recrudescence des hostilités a été observée depuis la déclaration d’une épidémie d’Ebola à la mi-mai dans la province voisine de l’Ituri.
Le Haut-Commissariat a notamment mis en lumière des «affrontements intenses» qui ont eu lieu les 4 et 5 juillet aux alentours du village de Mulima, situé dans le territoire de Fizi (Sud-Kivu).
«J’exhorte les forces armées congolaises et le M23 à mettre fin immédiatement à toute nouvelle escalade de violence et à agir avec diligence pour apaiser les tensions. J’appelle également les deux parties à prendre des mesures concrètes pour assurer la protection des populations civiles à Mulima et dans l’ensemble des hauts plateaux de Fizi et de Mwenga», a ajouté M. Türk.
«L’usage d’armes explosives à large rayon d’action dans des zones densément peuplées a des répercussions dévastatrices et doit être proscrit», a souligné le Haut-Commissaire.
Face à cette flambée de violences, l’ONU craint de nouveaux mouvements de populations civiles, y compris vers les pays limitrophes, ainsi que «de nouvelles violations et atteintes au droit international des droits humains, incluant des exécutions extrajudiciaires et des violences sexuelles liées au conflit».
«Les deux parties au conflit, de même que leurs alliés, ont des obligations claires en vertu du droit international humanitaire de garantir un accès humanitaire sûr, rapide et sans entrave à toutes les personnes dans le besoin», a rappelé M. Türk.
Il a également sommé le Rwanda de «cesser de soutenir le M23 et de retirer ses troupes de la RDC». Parallèlement, il a exhorté les autorités congolaises à «intensifier leurs efforts actuels pour démobiliser, désarmer et rapatrier les membres des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR)», un groupe armé composé d’anciens responsables du génocide rwandais de 1994 réfugiés en RDC.



