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Le JNIM peut-il imposer son rythme au Mali après les assauts de Dioura et Sévaré ?

La question n’est plus de savoir si le JNIM peut frapper, mais jusqu’où il peut dicter le tempo. En l’espace de quelques jours, le groupe djihadiste a lancé plusieurs assauts contre l’armée malienne et son partenaire russe, ciblant les localités de Dioura et Sévaré. Ces attaques répétées ont fait 150 morts, un bilan qui pèse lourdement sur la trajectoire sécuritaire du pays et qui interroge la capacité de Bamako à reprendre l’initiative.

Une séquence d’attaques coordonnées contre l’armée malienne et ses alliés russes

Les frappes du JNIM ne se sont pas limitées à une seule cible. Elles ont visé à plusieurs reprises les positions de l’armée malienne, mais aussi celles de son partenaire russe, dans deux zones distinctes : Dioura et Sévaré. Cette double offensive témoigne d’une capacité de projection et d’une coordination qui dépassent le cadre d’actions isolées. Pour les observateurs, elle signale une montée en puissance opérationnelle du groupe djihadiste dans le centre du Mali.

Dioura et Sévaré : deux théâtres, une même logique d’usure

En frappant Dioura puis Sévaré, le JNIM ne cherche pas seulement à infliger des pertes humaines. Il entend épuiser les capacités de riposte de l’armée malienne, disperser ses forces et tester la solidité de son alliance avec les Russes. Chaque assaut réussi renforce l’image d’un groupe capable de choisir le lieu et le moment de ses offensives. Cette dynamique place les forces maliennes dans une position défensive, contraintes de réagir plutôt que d’anticiper.

Assimi Goïta convoque une réunion d’urgence à Bamako

Face à cette escalade, le président Assimi Goïta a présidé une réunion à Bamako dimanche. Cette convocation traduit une prise de conscience de la gravité de la situation. Il s’agit pour les autorités de réévaluer la stratégie militaire, d’ajuster le dispositif sécuritaire et de rassurer une population de plus en plus exposée aux violences. Mais au-delà de l’urgence, c’est la question de la crédibilité de la réponse gouvernementale qui est posée.

Quelles options pour reprendre l’ascendant ?

Reprendre l’ascendant face au JNIM suppose de combiner plusieurs leviers : renforcer le renseignement, sécuriser les axes de communication, protéger les localités vulnérables et reconstruire la confiance avec les communautés locales. Aucune de ces mesures ne produira d’effet immédiat. La réunion de Bamako pourrait marquer le point de départ d’une révision en profondeur, ou rester sans suite concrète si les moyens engagés ne suivent pas.

Un tournant qui interroge l’avenir sécuritaire du Mali

Les attaques de Dioura et Sévaré ne sont pas un simple épisode de violence supplémentaire. Elles illustrent la capacité du JNIM à imposer son agenda et à fragiliser les institutions maliennes. La question centrale est désormais de savoir si le Mali peut inverser la tendance ou s’il s’installe dans une guerre d’usure dont le JNIM sortirait renforcé. La réponse dépendra moins des déclarations que des actes et des moyens déployés sur le terrain.

Mariam Sidibé
Analyste