Au cœur du Palais Léon-Mba, une page historique vient de se tourner. Quatre mois seulement après l’instauration de la Vème République, les députés gabonais ont achevé une session législative déterminante, envoyant un signal clair : le Parlement n’est plus une simple chambre d’enregistrement.
Un bilan législatif au service de la refondation
La clôture de cette « session des lois » s’est déroulée dans une atmosphère solennelle, réunissant les plus hautes sphères de l’État. Sous la direction de Michel Régis Onanga M. Ndiaye, la représentation nationale a affiché une activité intense. Sur les 33 projets de textes déposés par le gouvernement, 23 ont été examinés et adoptés. Ces réformes touchent directement au quotidien des citoyens et visent à consolider le nouveau cadre institutionnel né après les événements du 30 août 2023.
L’indépendance parlementaire comme boussole
L’un des faits marquants de cette clôture réside dans la posture de fermeté adoptée par l’institution. Michel Régis Onanga M. Ndiaye a rappelé avec force que le rôle du député dépasse le simple vote mécanique. Il s’agit d’amender, d’enrichir et, si nécessaire, de renvoyer des textes pour préserver l’intérêt général. Cette volonté d’équilibre face à un exécutif aux ambitions réformatrices massives marque un tournant majeur dans la pratique du pouvoir à Libreville.
Le recours aux ordonnances sous surveillance
Le président de l’Assemblée nationale a profité de cette tribune pour adresser une mise en garde explicite concernant l’usage des ordonnances. S’il ne conteste pas cet outil juridique prévu par la Constitution, il insiste sur le fait qu’il doit rester exceptionnel et réservé aux urgences réelles. Pour l’institution, l’efficacité gouvernementale ne saurait justifier l’éviction du débat parlementaire, pilier de la nouvelle démocratie gabonaise.
Une vision commune pour l’avenir du pays
Cette session a également été rythmée par le Congrès du 15 juin dernier, où le président Brice Clotaire Oligui Nguema a exposé sa vision de l’État devant les deux chambres réunies. Des chantiers prioritaires ont été tracés : régularisation des rappels de solde, sauvetage des épargnants de Poste SA, restructuration de la SEEG et modernisation des transports publics. L’Assemblée nationale se positionne désormais comme le garant du suivi de ces promesses sociales et économiques.
En concluant ces travaux, les élus ont réaffirmé leur responsabilité devant le peuple. La Vème République gabonaise semble trouver son rythme de croisière, entre dialogue institutionnel et contrôle rigoureux, prouvant que la réussite de la transition repose sur la solidité de ses contre-pouvoirs.



