L’arrestation de Kemi Seba en Afrique du Sud révèle une alliance inattendue avec des suprémacistes blancs

L’activiste Kemi Seba, déjà recherché suite à une tentative de déstabilisation politique au Bénin fin 2025, vient d’être interpellé sur le sol sud-africain. Les circonstances de cette arrestation jettent une lumière crue sur les fréquentations actuelles du militant. Contre toute attente, celui qui se présente comme le défenseur de la cause noire a été appréhendé en compagnie d’un leader extrémiste blanc, ouvertement hostile aux populations noires.

Une collaboration surprenante avec les Bittereinders

Le mercredi 15 avril, les forces de l’ordre sud-africaines ont arrêté Kemi Seba aux côtés de François van der Merwe. Ce jeune homme de 26 ans dirige les Bittereinders (« Ceux qui luttent jusqu’au bout »), un groupuscule radical né en 2021. Ce mouvement prétend lutter contre une prétendue discrimination envers la minorité afrikaner. Placé sous la loupe de l’Agence de sécurité d’État (SSA), ce groupe disposerait de plusieurs centaines de membres armés.

L’ombre de Moscou derrière cette alliance

Le lien entre le leader panafricaniste et le suprémaciste blanc se trouve dans une organisation nommée la Société de l’aigle à deux têtes. Ce réseau, aussi appelé Tsargrad, est piloté par Konstantin Malofeev, un oligarque russe ultra-conservateur. Ce dernier est sous le coup de sanctions internationales pour son implication dans le conflit ukrainien et fait l’objet de poursuites judiciaires à New York.

François van der Merwe s’était d’ailleurs rendu en Russie en septembre dernier, invité par Malofeev. Depuis ce voyage, il bénéficie d’un soutien médiatique important de la part de Moscou. Présenté comme un martyr politique par les canaux de communication russes, il avait même reçu des marques de soutien publiques lors de ses précédentes arrestations pour rixe et trouble à l’ordre public.

Kemi Seba face à de lourdes accusations de terrorisme

En s’associant aux Bittereinders, Kemi Seba semble s’être égaré loin de ses principes affichés. Le militant, qui dénonce habituellement le néocolonialisme, se retrouve lié à une mouvance nostalgique des privilèges de l’époque de l’Apartheid. Cette alliance pourrait coûter cher au Béninois : en Afrique du Sud, les Bittereinders sont officiellement classés comme une organisation terroriste.

La justice sud-africaine soupçonne Kemi Seba d’avoir apporté un soutien opérationnel à ce groupe sur son territoire. En conséquence, les poursuites engagées contre lui pourraient s’avérer bien plus sévères que ce que les premières rumeurs laissaient entendre.