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La situation critique au Mali et l’échec stratégique des forces russes

Une défaite symbolique pour les forces russes au Mali

Les images capturées hier matin au Mali ont marqué un tournant inattendu : une colonne de véhicules militaires russes a quitté Kidal, dans le nord du pays, sans résistance ni combat. Les occupants de la ville ? Des rebelles touaregs alliés à des groupes djihadistes, qui ont pris le contrôle de cette zone stratégique sans que les 2 500 soldats de l’Africa Corps (l’organisation ayant succédé au groupe Wagner) n’interviennent le moins du monde.

Des attaques simultanées sans précédent

La veille, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, revendiquait des attaques coordonnées dans plusieurs régions du Mali, y compris à Bamako, la capitale. Leur message était clair : les forces russes ne devaient pas s’en mêler, sous peine de compromettre toute future collaboration. Objectif atteint : les militaires de Moscou sont restés passifs, malgré l’urgence de la situation.

Le régime malien fragilisé par une crise sécuritaire sans précédent

Cette passivité des Russes survient alors que le pays fait face à sa pire crise sécuritaire depuis le coup d’État de 2019. Le ministre de la Défense a été tué lors d’une attaque contre sa résidence, tandis que des groupes armés étendaient leur emprise sur de vastes territoires, notamment Kidal, un bastion historique de la rébellion touareg. En 2023, l’armée malienne, soutenue par les Russes, avait repris cette ville après onze ans de contrôle par les indépendantistes. Une victoire qui avait renforcé le prestige du colonel Assimi Goïta, chef de la junte.

L’échec d’une stratégie militaire contestée

La population malienne, prise entre deux feux, supporte mal la confiscation du pouvoir par la junte, qui a dissous les partis politiques et maintenu un gouvernement sans élections. Les tensions sont palpables : Bamako a récemment subi un blocus empêchant l’approvisionnement en carburant depuis les pays voisins. Si une chute immédiate du régime semble peu probable, sa position reste extrêmement précaire.

Risques régionaux et menaces djihadistes

La situation au Mali a des répercussions bien au-delà de ses frontières. Les rebelles touaregs et les groupes djihadistes, dont certains affiliés à Al-Qaïda, pourraient étendre leur influence, fragmentant le pays. Le Niger et le Burkina Faso, membres de l’Alliance des États du Sahel, seraient également menacés si Bamako tombait. Les pays côtiers, comme la Côte d’Ivoire ou le Sénégal, pourraient à leur tour subir des incursions djihadistes.

Plus d’une décennie de conflits et d’échecs

L’intervention française en 2014 avait permis de sauver Bamako d’une avancée djihadiste et de reconquérir le nord du pays. Cependant, les années suivantes ont été marquées par une frustration croissante, menant aux putschs militaires et au départ des forces françaises, remplacées par les Russes. Quatre ans plus tard, le constat est accablant : l’échec est patent, et les populations en paient le prix fort.