Interdiction des smartphones au front en RDC : l’armée rappelle ses consignes strictes
Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) viennent de réitérer une directive cruciale pour la sécurité des opérations militaires : l’interdiction formelle de l’usage non autorisé des smartphones en zone de combat. Ce rappel à l’ordre intervient après plusieurs signalements de manquements graves ayant exposé des soldats à des risques majeurs.
Une menace directe pour la sécurité des troupes
Dans un communiqué diffusé ce 9 juillet 2026, le porte-parole par intérim des FARDC, le lieutenant-colonel Mak Hazukay, a mis en garde contre les dangers liés à l’utilisation imprudente des téléphones portables en zone opérationnelle. Selon lui, un smartphone allumé ou utilisé de manière négligente peut révéler la position exacte des soldats, facilitant ainsi leur localisation par les groupes armés ennemis.
Les FARDC soulignent que ces appareils, lorsqu’ils sont mal utilisés, peuvent compromettre l’intégralité des missions en cours, mettant en péril non seulement les militaires concernés, mais aussi l’ensemble des unités déployées. Un seul manquement peut avoir des conséquences dramatiques pour des dizaines de soldats, rappelle le commandement.
Quelles sont les consignes à respecter ?
L’armée congolaise impose désormais aux soldats engagés au front de respecter un ensemble de règles strictes :
- Interdiction totale de partager toute information relative à leur position, leurs déplacements, leurs missions ou leurs effectifs ;
- Absolue discrétion sur les images ou vidéos des opérations, à ne surtout pas publier sur les réseaux sociaux ou via messagerie ;
- Signalement immédiat de toute utilisation suspecte ou de fuite d’informations susceptible de menacer la sécurité des opérations.
Le commandement insiste sur la nécessité de respecter scrupuleusement ces directives et d’adopter une attitude de vigilance constante. « La concentration et la discipline sont nos meilleurs atouts pour vaincre », a déclaré un officier supérieur sous couvert d’anonymat.
Contexte : des vidéos compromettantes en circulation
Ce rappel à l’ordre fait suite à la diffusion récente de plusieurs vidéos sur les réseaux sociaux. Ces enregistrements, tournés dans les hauts plateaux de Fizi et Mwenga (Sud-Kivu), montrent des militaires se plaignant publiquement de leurs conditions de vie et d’engagement face à la rébellion de l’AFC/M23.
Les autorités militaires congolaises avaient déjà été confrontées à un problème similaire il y a quelques mois, lorsque des vidéos comparables circulaient alors que les combats se déroulaient près de Goma. À plusieurs reprises, l’armée avait dû rappeler à l’ordre ses troupes pour éviter de fragiliser la lutte contre les groupes armés.
Un enjeu stratégique pour la lutte contre l’insécurité
Dans un contexte où la République démocratique du Congo fait face à des défis sécuritaires majeurs dans l’Est du pays, chaque détail compte. Les FARDC rappellent que la discipline et la confidentialité sont des piliers essentiels pour maintenir l’avantage stratégique face aux groupes armés comme l’AFC/M23.
« La sécurité de nos soldats et le succès de nos missions passent avant tout par le respect des consignes », a martelé le lieutenant-colonel Mak Hazukay. L’armée congolaise appelle donc chaque militaire à faire preuve de responsabilité et de professionnalisme, afin de préserver l’intégrité des opérations et la sécurité nationale.



