Avec près de 300 startups en activité selon les chiffres officiels, la Côte d’Ivoire représente un terreau fertile pour l’innovation. Nombre d’entrepreneurs ivoiriens aspirent à des programmes de formation de haut niveau pour concrétiser leurs projets. C’est dans ce contexte que Challenge + Afrique, initiative phare de la prestigieuse HEC Paris, s’impose comme un acteur majeur.

Une vingtaine d’entrepreneurs, hommes et femmes, assistent à leur session inaugurale, cherchant à décrypter les mécanismes de valorisation d’une entreprise. Parmi eux, Mariama Kaba, originaire du Sénégal, est une experte en validation des acquis de l’expérience. Elle s’engage dans l’aventure entrepreneuriale avec un projet ambitieux : certifier les compétences des professionnels du secteur informel. Mariama exprime son enthousiasme : « Ayant toujours œuvré en coulisses sur des projets, je saisis cette opportunité unique de me focaliser sur ma propre initiative, d’acquérir des savoir-faire essentiels. La finance, notamment, reste un domaine complexe pour moi. Ce matin, le cours sur les fondamentaux des start-ups m’a permis de collecter des mots-clés précieux pour mes fiches. Au-delà des connaissances, le réseau est une composante cruciale ; les autres participants sont une véritable source d’inspiration. Après seulement deux jours, je partage déjà mes expériences avec mon entourage. Je suis convaincue d’être au bon endroit pour dépasser mes limites. »
Les projets au sein de cette promotion se distinguent par leur grande diversité, allant des solutions innovantes pour l’accès au logement aux technologies d’économie d’énergie.
Élargir sa vision pour une croissance exponentielle
Pour un investissement de 5 000 euros (soit environ 3 millions de francs CFA), les participants accèdent à l’expertise de mentors tels qu’Etienne Krieger. Ce spécialiste en finance entrepreneuriale s’engage à transmettre des « recettes éprouvées » : « Notre rôle est de les aider à identifier les éléments clés qui conféreront de la crédibilité à leurs projets, à déceler des besoins concrets, insuffisamment couverts par le marché, et à élaborer des stratégies commerciales. Il s’agit de les rendre suffisamment attractifs pour capter l’attention d’investisseurs et transformer leur concept artisanal en une entreprise à vocation « industrielle ». »
Leya, une start-up basée à Abidjan, illustre parfaitement le succès du programme en facilitant l’approvisionnement en liquidités des points de vente de mobile money. Thibaut Cathenoz, cofondateur, témoigne de l’impact de cette formation : « Elle nous a permis de bénéficier d’une perspective nouvelle, de perfectionner notre présentation et notre proposition de valeur, et de maîtriser les subtilités d’une levée de fonds. Ces acquis ont été déterminants pour notre développement, car nous avons effectivement réussi à lever des capitaux. Ce fut une aide précieuse. »
En l’espace de cinq années, Challenge + Afrique a activement soutenu près de 120 start-ups, consolidant ainsi l’écosystème entrepreneurial à Abidjan et Dakar.



