La transformation profonde du Gabon ne peut se limiter à des réformes superficielles. C’est ce qu’affirme avec conviction Yves Fernand Manfoumbi, ancien directeur général du budget et ex-ministre, dans une tribune partagée sur sa page Facebook en juillet 2026. Pour cet expert en gestion publique, le pays doit impérativement abandonner la gestion réactive des crises pour adopter une approche stratégique à long terme, seule capable de garantir une véritable refondation.
L’ancien responsable administratif dresse un diagnostic sans concession de la gouvernance gabonaise. Selon lui, les décisions politiques ont trop souvent été prises dans l’urgence, sans vision prospective. Pourtant, comme il le souligne avec force : « aucun État ne construit sa puissance dans l’improvisation ». Pour illustrer son propos, il évoque des modèles de réussite comme Singapour, la Corée du Sud ou encore le Rwanda, qui ont bâti leur développement sur une discipline rigoureuse en matière de planification.
Le Gabon ne manque pourtant pas d’atouts majeurs pour réussir cette transition. Doté de ressources naturelles abondantes, d’une forêt parmi les mieux préservées d’Afrique et d’une jeunesse porteuse de dynamisme, le pays possède tous les ingrédients nécessaires à son essor. La véritable question qui se pose désormais est celle de la méthode à employer pour concrétiser cette ambition.
Une gouvernance exigeante : résultats et responsabilisation
Pour Yves Fernand Manfoumbi, la refondation du Gabon repose sur trois principes fondamentaux indissociables. Le premier exige une planification méthodique où « chaque réforme doit répondre à un objectif clairement défini ». Le second impose une évaluation systématique des politiques publiques, car « une initiative non mesurée finit toujours par engendrer des coûts supérieurs à ses bénéfices ».
Enfin, la troisième exigence consiste à anticiper les défis globaux majeurs, qu’il s’agisse de l’intelligence artificielle ou des mutations climatiques. Le rôle des dirigeants doit évoluer radicalement : « diriger, ce n’est pas proclamer des intentions ; c’est obtenir des résultats tangibles ».
Des institutions adaptées aux défis du XXIe siècle
Pour que la vision présidentielle prenne corps, cette rigueur doit imprégner l’ensemble de l’appareil administratif. Yves Fernand Manfoumbi conclut son analyse par une vérité percutante, surtout à l’ère de la mondialisation : « le XXIe siècle ne récompensera pas les nations les plus riches, mais celles qui savent le mieux gouverner ».
Dans cette optique, la planification stratégique et l’anticipation des risques ne doivent plus être des options envisageables, mais devenir les fondements mêmes de l’action publique au Gabon.



