Actualités

Flambée des prix de la volaille à ati : un défi pour les foyers tchadiens

Tchad

flambée des prix de la volaille à ati : un défi pour les foyers tchadiens

La hausse des prix de la volaille à Ati perturbe les habitudes alimentaires et fragilise l’économie locale. Éleveurs, commerçants et ménages subissent de plein fouet cette inflation, exigeant des solutions urgentes.

Marché d'Ati : des cages de volailles vides en raison de la hausse des prix

Le marché central d’Ati, autrefois animé, reflète aujourd’hui une crise silencieuse. Les cages à volailles, autrefois remplies de poulets et de pintades, se font désormais rares. Les prix, en quelques mois seulement, ont doublé, voire triplé, plongeant les ménages dans une précarité alimentaire accrue.

Des étals presque vides et des prix exorbitants

Les clients arpentent les allées du marché, scrutant les rares volailles disponibles. Un poulet, qui s’affichait entre 6 000 et 8 000 FCFA il y a quelques mois, coûte désormais entre 10 000 et 15 000 FCFA. Les coqs et pintades suivent la même tendance, avec des hausses allant jusqu’à 200 % pour les périodes de forte demande, comme les fêtes religieuses ou les cérémonies familiales.

Ménages et commerçants en première ligne

Pour les familles, l’achat de volaille est devenu un luxe. « Avant, nous mangions du poulet deux fois par semaine. Aujourd’hui, nous nous contentons de poisson séché ou de légumes. », confie Aïcha, mère de trois enfants, en ajustant son voile. Cette réduction des dépenses alimentaires essentielles pose un grave problème de nutrition, surtout pour les enfants.

Du côté des commerçants, la situation est tout aussi préoccupante. « Les ventes ont chuté de moitié. Même avec des prix élevés, les clients hésitent à acheter. Certains repartent sans rien emporter. », explique Moussa, un vendeur installé depuis huit ans. Les restaurateurs, quant à eux, augmentent les tarifs ou réduisent les portions pour absorber la hausse des coûts, risquant de perdre une partie de leur clientèle.

Éleveurs sous pression : des coûts de production en hausse

Les éleveurs, eux, subissent une double peine. Le prix des aliments pour volailles, des vaccins et du carburant a explosé. Les pâturages se font rares, l’eau devient précieuse en saison sèche, et les épidémies déciment parfois les troupeaux. « Nous n’avons pas le choix : il faut vendre plus cher pour survivre. Mais cela ne suffit pas à couvrir nos dépenses. », témoigne Djibril, un éleveur local. Cette situation menace la pérennité de nombreux petits producteurs.

Une économie locale en danger

L’impact dépasse les foyers. Transporteurs, revendeurs d’aliments, artisans et petits commerçants voient leurs revenus diminuer. Certains marchés auraient enregistré une baisse de 20 à 30 % des transactions sur les volailles, un chiffre qui illustre l’ampleur de la crise.

Des solutions urgentes pour sauver la filière

Face à ce constat, des acteurs locaux réclament des mesures immédiates :

  • Un accès facilité aux aliments pour volailles à des tarifs maîtrisés ;
  • Un renforcement des services vétérinaires et des campagnes de vaccination ;
  • Des aides financières et techniques pour les petits éleveurs ;
  • Un soutien à la production locale pour augmenter l’offre et stabiliser les prix.

Un appel à l’action pour éviter l’aggravation de la crise

La hausse des prix de la volaille à Ati n’est pas qu’un problème économique : c’est une question de survie pour des milliers de Tchadiens. Sans intervention rapide, cette crise pourrait s’étendre, fragiliser davantage la sécurité alimentaire et plonger encore plus de familles dans la précarité.

Pour les autorités locales, la priorité est claire : maîtriser les prix des produits de base et soutenir une filière avicole résiliente. Le défi est de taille, mais les solutions existent. À condition d’agir avant qu’il ne soit trop tard.