Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a déclaré mardi 23 juin qu’il se rendra prochainement dans la province de l’Ituri, au nord-est du pays, où sévit une épidémie d’Ebola déclarée le 15 mai. Cette annonce intervient alors que le bilan officiel dépasse désormais les 1 000 cas et 267 décès, tandis que des organisations humanitaires estiment que ces chiffres pourraient être largement sous-estimés.
La RDC traverse sa 17e épidémie de fièvre hémorragique. L’épicentre se trouve en Ituri, une région reculée et instable en raison de la présence de groupes armés. Selon les données officielles, 1 048 personnes ont été contaminées et 267 sont mortes, soit un taux de létalité de 25,5 %. Le virus a également été détecté dans trois provinces de l’est congolais, et vingt cas, dont deux décès, ont été signalés en Ouganda voisin.
« Mon engagement est total »
« Je voudrais annoncer ma descente très prochaine dans la province de l’Ituri, sur les lieux mêmes de l’épidémie, pour faire le suivi personnellement. Mon engagement est total, comme vous pouvez l’imaginer », a affirmé le chef de l’État lors d’une déclaration publique à l’occasion de la visite officielle à Kinshasa de son homologue burundais, Evariste Ndayishimiye. Aucune date précise n’a toutefois été communiquée.
Cette épidémie est provoquée par le virus Bundibugyo, pour lequel il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique. Les vaccins existants ne sont efficaces que contre le virus Zaïre, responsable des plus grandes épidémies d’Ebola connues. Au cours des 50 dernières années, Ebola a causé la mort de plus de 15 000 personnes en Afrique.
Isolement des malades et traçage des contacts
En Ituri, la riposte sanitaire – reposant sur l’isolement des malades et le traçage des cas contacts – a été lente à se mettre en place. Les moyens sont progressivement renforcés, mais les hôpitaux locaux manquent encore d’équipements essentiels, comme des protections et du chlore, plus d’un mois après la déclaration officielle de l’épidémie. Les centres de traitement Ebola, installés ces dernières semaines avec le soutien de l’OMS et de plusieurs ONG, affichent déjà un taux d’occupation supérieur à 80 %, selon les autorités sanitaires.
Les capacités de test se sont améliorées, mais des organisations humanitaires internationales et des ONG présentes sur le terrain estiment que les bilans officiels sont sous-estimés. Selon elles, le pic de l’épidémie n’est pas encore atteint et la crise pourrait durer entre six mois et un an. Le virus se transmet par contact avec les fluides corporels.



