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Ébola en RDC : le Royaume-Uni investit et réclame un accès humanitaire vital

Photo d’illustration

L’est de la République démocratique du Congo est de nouveau confronté à une situation humanitaire alarmante, aggravée par la résurgence de l’épidémie d’Ebola. Les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri sont particulièrement touchées par cette flambée virale. Face à cette crise sanitaire majeure, le Royaume-Uni a manifesté sa profonde inquiétude, comme l’a souligné sa représentante, Jennifer MacNaughtan, ministre conseillère, lors d’une session du Conseil de sécurité des Nations unies dédiée à la RDC.

La diplomate britannique a salué la réactivité des autorités congolaises face à cette urgence sanitaire. Elle a également mis en lumière l’action de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), dont l’aide est cruciale pour acheminer les équipements et fournitures essentiels aux populations affectées. Londres a par ailleurs réaffirmé son engagement financier substantiel dans la lutte contre la maladie.

« Nous saluons la réaction rapide de la République démocratique du Congo et nous nous félicitons des efforts déployés par la MONUSCO pour garantir que les fournitures essentielles puissent parvenir aux zones touchées. Le Royaume-Uni s’est engagé à verser jusqu’à 26 millions de dollars pour soutenir la lutte contre Ebola », a déclaré Jennifer MacNaughtan le vendredi 26 juin.

Selon la représentante du Royaume-Uni, une collaboration étroite est en cours avec les autorités congolaises, ainsi qu’avec des partenaires internationaux clés tels que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le CDC Afrique. Cette coopération s’étend également aux gouvernements de la région, visant à optimiser la coordination de la riposte, à renforcer la surveillance épidémiologique, à appliquer rigoureusement les mesures de confinement et à améliorer les capacités de préparation face à de futures menaces.

Malgré l’urgence de l’épidémie d’Ebola, les hostilités persistent dans l’est de la RDC. Des groupes armés locaux et étrangers, notamment la rébellion de l’AFC/M23, dont le soutien par le Rwanda est rapporté, continuent d’affronter les forces gouvernementales. Dans ce contexte tendu, le Royaume-Uni, par la voix de sa représentante, a lancé un appel solennel à toutes les parties impliquées dans le conflit pour qu’elles assurent un accès humanitaire complet, sécurisé et sans entrave aux communautés touchées.

« Nous appelons toutes les parties à garantir un accès humanitaire complet et sans entrave, conformément au droit international, afin de permettre cette réponse vitale en matière de santé publique », a martelé Jennifer MacNaughtan au nom du Royaume-Uni.

La propagation de l’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo est d’autant plus préoccupante qu’elle touche des régions déjà minées par les conflits armés, les déplacements massifs de populations et une insécurité chronique. Les populations locales subissent des perturbations croissantes dans leur quotidien, avec un accès réduit aux marchés, aux moyens de subsistance et aux services essentiels. Parallèlement, les infrastructures sanitaires sont sous une pression considérable et peinent à garantir une intervention rapide et efficace.

Pour de nombreux partenaires de la RDC et organisations humanitaires, une riposte efficace est conditionnée par plusieurs facteurs : un accès sécurisé aux zones affectées par l’insécurité et les déplacements, une surveillance constante aux points d’entrée (officiels ou informels), et une communication sanitaire claire, précise et fiable. Il est à noter que dans certaines zones, l’insécurité et les attaques ciblées contre le personnel de santé ont gravement compromis les opérations de riposte, notamment la détection des cas et le suivi des contacts.

Face à ce tableau complexe, les autorités congolaises adoptent une posture rassurante, rejetant tout alarmisme. Elles insistent sur les efforts considérables déployés, en collaboration avec leurs partenaires nationaux et internationaux, pour endiguer l’épidémie. Elles rappellent également la vaste expérience du pays dans la gestion des crises sanitaires, la RDC ayant déjà fait face à seize épidémies d’Ebola précédentes, toutes maîtrisées grâce à des opérations de riposte d’envergure.