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Dakar prêt à défier les géants BP et Woodside pour ses contrats pétroliers

Le Sénégal passe à l’offensive contre les majors pétrolières

Le bras de fer s’intensifie entre le Sénégal et les deux géants du secteur pétrolier, BP et Woodside. Lors du récent Africa CEO Forum, Khadim Bamba Diagne, secrétaire permanent du Comité d’orientation stratégique du pétrole et du gaz, a laissé entendre que Dakar n’excluait aucune mesure, y compris un recours à l’arbitrage international, pour réviser les accords signés avec ces multinationales.

Une stratégie de renégociation ambitieuse

Cette décision s’appuie sur une volonté claire : clarifier dès maintenant les conditions d’exploitation des ressources sénégalaises. Les contrats en vigueur, valables entre 30 et 50 ans, doivent être revus sans délai. « Mieux vaut corriger les erreurs rapidement que de les laisser s’ancrer sur le long terme », a expliqué le responsable lors de l’événement.

Des enjeux socio-économiques majeurs

L’exploitation offshore des hydrocarbures impacte directement les communautés locales, notamment le secteur de la pêche qui emploie entre 600 000 et 700 000 Sénégalais. Khadim Bamba Diagne souligne qu’un État responsable ne peut tolérer une telle situation : « Un pays ne peut accepter que les externalités négatives pèsent sur sa population tandis que les bénéfices reviennent massivement aux compagnies ».

Le secrétaire permanent dénonce un modèle où les pays africains subissent les inconvénients tandis que les multinationales captent l’essentiel des profits, particulièrement dans un contexte de flambée des prix des hydrocarbures. L’objectif ? Permettre aux pêcheurs et au pays de bénéficier équitablement de ces ressources stratégiques.

L’arbitrage international, une solution pour l’avenir

Le recours à un tribunal arbitral vise à établir une jurisprudence solide pour les décennies à venir. « Nous devons poser des bases claires dès maintenant », insiste Khadim Bamba Diagne, alors que le Sénégal commence tout juste à exploiter ses réserves pétrolières et gazières sans connaître leur durée exacte.

Cette position est d’autant plus justifiée que la récente hausse des prix des hydrocarbures profite largement aux compagnies. Le Sénégal exige désormais une redistribution plus équitable de ces gains exceptionnels, garantissant que tous les partenaires de la coentreprise tirent profit de cette nouvelle dynamique économique.

Une stratégie qui pourrait redéfinir l’équilibre des forces entre l’État sénégalais et les majors pétrolières.