La capitale de la République démocratique du Congo (RDC) a connu une journée de calme relatif ce mercredi, après l’appel à une ville morte lancé par l’opposition. Organisée par la Coalition Article 64 (C64), cette mobilisation visait à protester contre le projet de réforme constitutionnelle porté par le président Félix Tshisekedi.
Malgré une participation significative des habitants, le pouvoir en place refuse de céder et maintient fermement son intention de faire adopter cette réforme. Les deux camps s’affrontent dans une confrontation politique qui s’intensifie à Kinshasa, où les tensions restent palpables.
Kinshasa paralysée : entre peur et pression des forces de l’ordre
Plusieurs quartiers de la ville ont connu une activité réduite en raison de l’appel à la grève générale. Les habitants, craignant des débordements ou des restrictions supplémentaires, ont majoritairement choisi de rester chez eux. Les écoles ont fermé leurs portes, et les routes, habituellement animées, se sont vidées de toute circulation.
Un habitant de la commune de Ngiri-Ngiri témoigne :
« Aujourd’hui, je n’ai pas vu un seul élève dans la rue. Les magasins sont fermés, et il n’y a presque aucun véhicule. Le peuple ne veut pas de cette réforme constitutionnelle. Si nous ne résistons pas maintenant, nous serons forcés de travailler dans un système qui ne nous convient pas. »
Un autre témoin de la situation, résidant dans la commune de Limete, décrit une atmosphère marquée par la présence massive des forces de sécurité :
« C’est très compliqué ici. Les militaires et les policiers patrouillent en permanence. Impossible de sortir ou de circuler librement. Les commerces sont fermés, et la ville semble déserte. »
L’opposition crie victoire après une mobilisation massive
Après cette journée de protestation, les leaders de l’opposition se félicitent du succès de leur appel. Ils affirment que la population a massivement répondu à leur initiative et annoncent déjà de nouvelles actions pour contester le projet présidentiel.
Prince Epenge, porte-parole de la coalition Lamuka, déclare :
« La mobilisation a atteint un niveau sans précédent. Près de 100 % des Kinois sont restés chez eux, envoyant ainsi un message clair au président Tshisekedi. Ce n’est pas seulement un rejet de la réforme constitutionnelle, mais aussi une condamnation de sa volonté de s’accrocher au pouvoir en modifiant les règles du jeu. Il est temps pour lui d’écouter le peuple. »
Le camp présidentiel minimise l’impact de la grève
De son côté, le camp présidentiel refuse de reconnaître l’échec de l’opposition. Christian Lumu Lukusa, vice-président de la Ligue des jeunes de l’UDPS, assure que la capitale a continué de fonctionner normalement malgré les appels à la grève.
Il ajoute :
« Malgré les tentatives de certains leaders de l’opposition pour semer la panique, les Kinois n’ont pas suivi leurs consignes. Kinshasa est une ville en pleine activité. Nous maintiendrons notre projet de réforme, car il répond à une nécessité nationale et à un besoin de modernisation de nos institutions. »
Le responsable réaffirme également que la réforme sera soumise à un référendum, comme prévu après l’adoption d’une proposition de loi référendaire par l’Assemblée nationale fin mai.
Un référendum controversé au cœur des tensions
Alors que le pouvoir défend cette initiative comme un moyen de moderniser le pays, l’opposition la considère comme une manœuvre illégale pour contourner les règles démocratiques. Ce désaccord profond entre les deux camps laisse présager de nouvelles crises politiques dans les semaines à venir, avec un risque accru de confrontations.



