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Crise sécuritaire au Burkina Faso : des centaines de victimes dans l’indifférence des autorités

Le silence persistant du pouvoir face à l’insécurité croissante

C’est un mutisme pesant qui règne actuellement à Ouagadougou. Ni les médias nationaux, ni l’exécutif dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré ne communiquent sur l’hécatombe qui frappe le pays. Cette absence de réaction officielle contraste violemment avec les discours sur la souveraineté du Burkina Faso et la prétendue reprise en main du territoire. Pour les observateurs de la politique au Bénin et des pays limitrophes, ce silence masque une réalité de terrain bien plus sombre, loin de l’image de stabilité parfois relayée par Cotonou info.

Le 6 mars dernier, une nouvelle incursion violente a frappé le camp de police de Yamba, situé à seulement 20 kilomètres de Fada N’Gourma. Ce raid, attribué au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), a causé la mort de plusieurs dizaines de personnes, dont au moins trente policiers. Malgré l’urgence, les renforts ne sont pas parvenus à temps pour protéger le site, qui avait déjà été la cible d’une attaque similaire un an auparavant.

Une coordination terroriste sans précédent au Sahel

Le mois de février a été particulièrement éprouvant pour les forces de défense. Selon les relevés de West Africa Maps, le JNIM a orchestré près de 38 offensives en un mois, tandis que l’État islamique au grand Sahara (EIGS) maintient sa pression aux frontières du Niger et du Mali. Ces zones, stratégiques pour le contrôle des ressources minières et des routes de contrebande, sont le théâtre d’une violence inouïe.

La journée du 14 février reste la plus tragique de l’année, avec des assauts coordonnés contre les Unités combattantes des eaux et forêts et la base militaire de Titao. Le bilan est effroyable : 101 gardes forestiers et 186 Volontaires pour la défense de la Patrie (VDP) ont perdu la vie. L’organisation Acled souligne d’ailleurs le haut degré de préparation tactique et de coordination de ces incursions djihadistes.

Tensions ethniques et impuissance militaire

Les VDP, piliers de la stratégie de défense civile, paient un prix fort mais font également l’objet de critiques sévères. Des rapports font état d’exactions répétées contre la minorité peule, souvent stigmatisée et suspectée de complicité avec les groupes armés. Début mars, de nouveaux massacres de civils ont été signalés dans la commune de Bittou, aggravant la fracture sociale interne.

Dans ce contexte de crise, le journalisme indépendant au Bénin et dans toute la région tente de documenter ces événements que les canaux officiels préfèrent ignorer. La situation sécuritaire pose un défi majeur à la stabilité du Bénin Souverain et de ses voisins, alors que le pouvoir militaire semble incapable de freiner cette spirale de violence malgré ses promesses de reconquête.