Abidjan a accueilli la première réunion du Comité de pilotage du Pacte national énergie, un événement historique présidé par le Ministre du Plan et du Développement, Dr Souleymane DIARRASSOUBA. Sous son égide, les autorités ivoiriennes ont posé les bases d’une gouvernance renforcée pour concrétiser les ambitions énergétiques du pays. Autour de la table : le Ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, M. Mamadou SANGAFOWA-COULIBALY, le Vice-président de la République, ainsi que les hauts responsables des ministères clés et de la Présidence.
Cette séance inaugurale avait un double objectif : évaluer l’avancement des projets et planifier les prochaines étapes stratégiques. Parmi les décisions prises, l’organisation d’une table ronde dédiée au financement des initiatives prioritaires s’impose comme une priorité. L’enjeu ? Mobiliser les ressources nécessaires pour transformer le secteur énergétique ivoirien.
Inscrit dans la dynamique de la Mission 300 — une initiative phare de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement visant à électrifier 300 millions de personnes en Afrique subsaharienne d’ici 2030 — le Pacte national énergie de la Côte d’Ivoire représente un engagement ambitieux. Adopté en janvier 2025 et dévoilé lors du sommet de Dar es Salaam, ce texte a valu à la Côte d’Ivoire le statut de pays modèle auprès des partenaires internationaux. Avec 29 États africains désormais dotés d’un pacte similaire, l’ambition ivoirienne se matérialise par un budget colossal de 3 980 milliards de francs CFA (6,56 milliards de dollars) pour la période 2025-2030. Parmi ces fonds, 1 177 milliards de francs CFA proviendront d’investissements privés, soulignant l’attractivité du secteur.
La structure de gouvernance mise en place repose sur trois piliers : un comité de pilotage stratégique, une cellule de coordination technique et un comité technique. Cette organisation garantira une mise en œuvre efficace des mesures prévues.
Lors de l’ouverture des travaux, Dr Souleymane DIARRASSOUBA a rappelé les quatre piliers fondateurs du Pacte : l’accès universel à l’électricité, la généralisation des solutions de cuisson propre, l’intégration de 45 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique national, et enfin, la viabilité financière du secteur. Ces objectifs s’alignent parfaitement sur le Plan National de Développement, tout en répondant aux exigences du 7ème objectif de développement durable des Nations unies. Une vision globale qui place l’énergie au cœur du développement socio-économique de la Côte d’Ivoire.
Les premiers résultats sont encourageants : 684 735 ménages ont été raccordés en 2025, soit près de 3,6 millions de personnes. Ce chiffre dépasse de 5,3 % la cible annuelle fixée pour l’année. Depuis 2024, 7,7 millions d’Ivoiriens ont bénéficié de l’accès à l’électricité, sur un objectif total de 17 millions d’ici 2030. Aujourd’hui, le taux de desserte électrique national atteint 81,1 %, signe tangible d’une progression rapide.
Les réformes engagées suivent cette dynamique positive. Le portefeuille d’investissements présenté pour la période 2026-2030 s’élève à 2 840 milliards de francs CFA, couvrant les projets prioritaires du Pacte. Ces initiatives, actuellement en quête de financements, illustrent l’engagement sans faille des autorités ivoiriennes.
Un calendrier précis a été arrêté pour les actions restantes, avec un suivi rigoureux pour garantir leur respect. Cette mise en œuvre s’appuie sur une intégration régionale solide : le système électrique ivoirien est l’un des plus robustes d’Afrique de l’Ouest, et le pays joue un rôle clé dans les échanges transfrontaliers d’énergie. Les projets inscrits dans le Pacte renforceront cette position, tout en contribuant à la construction d’un marché ouest-africain unifié de l’électricité.



