Une véritable secousse agite le monde du football africain. Deux mois après la finale de la Coupe d’Afrique des Nations, la Confédération africaine de football (CAF) a pris la décision stupéfiante de destituer le Sénégal de son titre de champion. Le trophée a été réattribué au Maroc, pays organisateur et finaliste malheureux, suite à une procédure de recours. C’est surtout le moment choisi pour cette annonce qui soulève de nombreuses questions et alimente la controverse.

Une saga juridique post-compétition
Cette affaire n’est pas sortie de nulle part. Dès le lendemain de la finale du 18 janvier, la délégation marocaine avait déposé une réclamation officielle. Celle-ci s’appuyait sur les articles 82 et 84 du règlement de la FIFA, qui prévoient une défaite sur tapis vert pour toute équipe quittant le terrain. Dans un premier temps, les instances avaient prononcé des sanctions ciblées, dont une suspension de cinq matchs pour le sélectionneur sénégalais, Pape Tiaw. Insatisfait de ce premier jugement, le Maroc a fait appel. C’est cet appel qui a abouti à la décision tardive et surprenante de mardi soir, provoquant un étonnement général, y compris au sein de la fédération marocaine qui a communiqué son souhait de voir le droit respecté sans pour autant effacer les résultats sportifs.
Face à ce revirement, la fédération sénégalaise a réagi sans tarder en annonçant sa volonté de porter l’affaire devant le Tribunal arbitral du sport. Le verdict de la CAF a profondément divisé les observateurs du football. D’un côté, les partisans d’une application stricte des règlements, de l’autre, ceux qui estiment qu’un titre acquis sur le terrain ne devrait pas être retiré plusieurs mois après les faits. Cette situation inédite promet de prolonger les débats, transformant cette rencontre en ce qui pourrait bien être la finale la plus interminable de l’histoire du football.



